Défense et République

Débats sur la défense nationale et la sécurité intérieure

16 juillet 2009

Réflexion sur l’état de la défense suite à ce 14 juillet 2009

Un beau 14 juillet qui montre, comme l’ont souligné tous les journalistes spécialisés (JD Merchet, Isabelle Lasserre…), une apparente décrispation entre le président de la République et les armées depuis l’été 2008. Cela a été aussi une journée consacrée aux armées que ce soit pour les 75 ans de la création de l’armée de l’air ou la soirée autour de l’armée de terre sur France 2, dans le cadre de la fête nationale qui doit effectivement exprimer l’esprit de la nation et son identité.

Le 14 juillet, l’expression de la Nation ?

Le 14 juillet est en effet normalement l’expression de l’unité de la Nation (14 juillet 1790) et pas vraiment celle de la prise de la Bastille. La foule était nombreuse sur les Champs-Elysées. Les discours politiques ont été laudateurs pour les armées. Certes, on peut toujours s’étonner du show présentant une armée étrangère comme l’Inde tout aussi brillante soit-elle.

On ne peut s’empêcher cependant de voir deux France, celle du défilé et celle qui brûle les voitures (plus de cinq cents), avec le déploiement de 40 000 policiers et gendarmes dont 10 000 sur Paris pour maintenir l’ordre, soit 15% environ des effectifs. On fête donc la nation en fonction de ses sensibilités et de son adhésion à la Nation ! Enfin, outre ce magnifique défilé, la soirée sur France 2 a été très réussie bien que seulement trois millions de personnes l’aient regardée (mais plus de six millions sur TF1 pour une série américaine au même horaire). Les artistes invités ont exprimé leur admiration pour nos forces reconnaissant qu’ils avaient eu des a priori jusqu’à présent. Remarquons cependant que les artistes attirant le plus les jeunes n’étaient pas présents… Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir vu cette émission présentant les valeurs de l’armée de terre qui est la plus engagée dans les combats aujourd'hui. C’est aussi cette humanité et cette fraternité d’armes construite dans le respect des uns et des autres qui fait la force d’une collectivité de « guerriers » servant la France. C’est ce qui, certainement, exprime le mieux, et avec valeur d’exemple, l’esprit de la Nation.

Une réaffirmation des engagements du chef de l’Etat

Le chef de l’Etat a renouvelé son engagement de respecter les promesses concernant les crédits accordés à la défense (377 milliards d’euros sur douze ans mais sur trois mandats présidentiels…). Le ministre de la défense a rappelé l’effort qui serait maintenu pour la condition militaire de quelque 300 millions d’euros, et le retour au ministère de la défense des économies réalisées. Répétés en permanence, ces engagements pourraient et devraient rassurer la communauté militaire d’autant que les amateurismes initiaux du président de la république et du ministre de la défense ont fait place à plus de professionnalisme sur les questions de défense et de sécurité et certainement plus de compréhension de la communauté militaire.

Cependant, péniblement, pendant cette trêve estivale, la 11ème loi de programmation militaire se discute ce jeudi et devrait être votée. Remarquons que le projet de loi a été déposé le 29 octobre 2008 !

Malaise de la communauté militaire ? La question des généraux

Le malaise des militaires a été évoqué par plusieurs journalistes lors de ce 14 juillet. Il n’est pourtant pas apparent mais il est vrai que la réforme des armées avance vite, comme toujours, celles-ci étant les bonnes « élèves de la classe », la mission primant malgré les désagréments. Si l’on compare au reste de la fonction publique et aux différents atermoiements politiques devant les rejets des réformes, il ne faudrait pas que les militaires se mettent eux aussi à trainer des pieds ! Est-ce pour cela que le CEMA sera maintenu plus longtemps dans son poste ?

TTU (24 juin 2009) attirait l’attention sur cette possibilité à l’occasion de la 79e session du Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM). Un texte en ce sens a été effectivement déposé semble-t-il au dernier moment. Il vise à aller chercher des généraux « deuxième section » (ne sont plus en service actif mais sont rappelables en cas de besoin) pour occuper des postes de commandement ou être mandatés pour une mission particulière. Le CSFM refusant d’approuver ce projet de décret, le décret est finalement passé en force quelques jours après. La concertation a montré ses limites. Elle n’est acceptable que lorsqu’elle va dans le sens voulu par le pouvoir. Cela ne peut donc que provoquer un malaise et un réel manque de confiance. Que dit ce décret ? : « à titre exceptionnel, un officier général peut être replacé de la deuxième section en première section, par décret du Président de la République, pour exercer des fonctions d'encadrement comportant des hautes responsabilités par dérogation à l'âge fixé par l'article R. 4141-3 et dans la limite d'une durée maximale de quatre ans au-delà de cet âge. Le décret fixe la durée des fonctions auxquelles il peut être mis fin à tout moment ».

Ce prolongement sélectif du service actif répondrait aussi aux besoins d’honorer les postes de l’OTAN (1 267 Français dans les états-majors de l'OTAN pour 2012 soi dix-sept postes de généraux mais 375 officiers et 875 sous-officiers et militaires du rang, soit 10% des 12 000 militaires des états-majors et structures permanentes de l'OTAN). Si l’on sait que le nombre de généraux a été drastiquement diminué par le ministre de la défense, que la limite d’âge est normalement fixée à 57 ans – à une époque où l’on demande de travailler plus longtemps - qu’un grand nombre d’officiers chargés de famille souvent nombreuses seront contraints (malgré parfois la proposition d’un pécule soumis à condition et imposant un emploi à terme) de rechercher du travail alors que la question des seniors dans notre société est loin d’être résolue, on peut s’étonner de cette dérogation. S’agit-il de favoriser certains en s’affranchissant de la règle normale ? Sur le cas du chef état-major des armées ne s’agirait-il pas de s’assurer que la réforme des armées aille jusqu’au bout et au demeurant pourquoi pas ? Mais pourquoi inciter au départ sinon sacrifier des générations plus jeunes dans leur accès au généralat et allonger la durée discrétionnaire dans le grade ? Pour s’assurer d’une génération nommée par le pouvoir en place et totalement loyale pour les années troubles qui pourraient s’annoncer ?

Malaise des militaires ? La question des effectifs

A l’autre bout de la chaîne, le départ de 54 000 personnels militaires et civils sur 320 000 n’a pas été rappelé ce 14 juillet. D’un côté, on diminue le nombre de généraux mais on en maintient certains. D’un autre côté, on réduit les effectifs. Or, les armées, le plus important employeur de CDD en France (56% des forces environ) offrent une forte capacité d’intégration et de promotion sociale républicaine comme l’a rappelée le ministre de la défense lors de l’émission de France 2. N’est-il pas temps de faire au contraire un effort pour le recrutement, un soldat coûtant sans doute moins cher qu’un chômeur ?

S’ajoute la question de la réorganisation géographique au sein des bases de défense dont au moins l’armée de terre s’inquiète au sein de son rapport sur le moral. Mutualiser veut dire moins de personnel et non un meilleur fonctionnement. Nous avons tous l’expérience négative de services éloignés des besoins opérationnels qui s’aggravent dès lors que le proximité géographique n’existe pas. Une certaine logique aurait pu être trouvée si les bases de défense, ou du moins une partie d’entre elles, avaient été l’objet de constructions neuves, rassemblant les unités, améliorant et facilitant leur vie. Cela aurait pu entrer dans le plan de relance économique et même des économies d’énergie comme le font progressivement les grandes bases américaines. Qui peut croire que les déplacements seront moins nombreux et donc que les économies de carburants n’existeront pas. Il semble que la pensée initiatrice de ce grand projet n’ait pu aller jusqu’au bout de cette logique et que personne n’ait pu le faire évoluer.

Enfin pour le domaine opérationnel, la question est de gagner en Afghanistan. Les allemands rechignent à combattre, les Britanniques ont eu huit soldats tués la semaine dernière dans la grande opération de reconquête de la province d’Helmand (la photo du Monde rappelle le soutien permanent de la population à ses soldats). Or, comment envoyer plus de monde « à effectifs constants » ce qui n’a aucun sens militaire. On veut gagner ou ne veut pas gagner. Ce sont documentation les manœuvres des stratèges pour faire plus avec les mêmes effectifs. JD Merchet parle de la création d’une brigade française dans le secteur Surobi-Kapissa, à l'Est de Kaboul avec deux bataillons à trois compagnies chacun (contre deux aujourd'hui), auxquels s'ajouteraient un état-major, des éléments de soutien logistique et un détachement d'hélicoptères d'une dizaine d'appareils, dont trois Tigre. Les moyens de renseignement (guerre électronique, drones, etc.) seraient intégrés aux bataillons. Depuis quand le combat d’une brigade se fait à deux bataillons ? Et si on laissait les soldats menés leur guerre ? Une idée nouvelle ?

Une confusion de plus en plus gênante entre sécurité intérieure et extérieure

Ce magnifique défilé montre de plus en plus la confusion entre forces militaires et forces de police… de plus en plus militarisées mais certainement plus payées. Sait-on qu’un commandant de police finit sa carrière au premier échelon de colonel qui n’est un grade ni donné ni atteint par tout officier ? L’attribution de grades « militaires » aux forces de police pour au moins bénéficier d’indices supérieurs de traitement avait été perçue négativement et à juste titre par la gendarmerie. Prenons un exemple. Un lieutenant de police est recruté à bac+ 3, un saint-cyrien est lieutenant à Bac +5. Qu’en est-il de la différence des soldes de base et des primes intégrées ?

Cette confusion est accentuée par l’intégration de la gendarmerie au sein du ministère de l’intérieur suite au projet de loi voté par le parlement le 7 juillet. La gendarmerie en tant que nouvelle direction rejoint en effet le ministère de l’intérieur tout en gardant son statut militaire, mais pour combien de temps ? L’ambigüité est maintenue (temporairement) puisque les 150 gendarmes partant cet été en Afghanistan seront équipés de douze VAB (Véhicules de l'avant blindé), prêtés par l'armée de terre. Préserver cette dimension militaire de la gendarmerie par l’OPEX finira sans aucun doute par avoir des implications. Après tout, lors des travaux sur la programmation militaire 2000-2005, la gendarmerie avait proposé la montée en puissance de sa capacité OPEX soit disposer de 4 000 hommes et donc d’avoir une ressource de 16 000. Chiffres astronomiques, ils ne font qu’exprimer aujourd'hui que le statut militaire de la gendarmerie permettant de partir en opération sera un jour ou l’autre soumis à la réalité des effectifs et donc des choix, sécurité intérieure ou sécurité extérieure. Un homme en opération, c’est trois à quatre en base arrière. Par ailleurs, le doute sur la bonne insertion de la gendarmerie à l’intérieur est patent. Les revendications des commissaires de police en février 2009 le montrent. Cette rivalité a bien été exprimée par JD Merchet « Police/Gendarmerie : la revanche de Fouché » (…) sur le premier inspecteur général de la Gendarmerie, le maréchal Bon-Adrien Janot de Moncey.

S’ajoute enfin une dernière confusion, celle du cœur de métier et des missions périphériques. Ella a un lien avec le personnel. En effet, le discours permanent est de recentrer les forces sur le cœur de métier, le combat. Une réponse est donc l’externalisation afin de dégager des gains censés être réinvestis dans les équipements et en faveur de la condition des personnels. Cependant l’externalisation n’est pas une panacée et pas forcément un succès. Elle a avant tout pour objet de réduire les effectifs, soit 16 000 postes dans l’habillement, la restauration hôtellerie loisirs (RHL), les systèmes d’informations et de communication (SIC, DIRISI), les infrastructures, le gardiennage qui n’est d’ailleurs pas toujours efficace comme le montre la surveillance du ministère de la défense, boulevard Saint-Germain (ne parlons pas d’autres lieux parisiens comme l’école militaire mais c’est un cas particulier). Mais en parallèle, le ministre de la défense a évoqué l’ouverture des écoles et les lycées militaires aux enfants défavorisés. Est-ce réellement dans le cœur de métier car il faudra y mettre plus de cadres ? Les lycées militaires ne sont-ils pas destinés aux enfants de militaires pour leur permettre une bonne scolarité, elle-même précarisée par des mutations fréquentes des parents. Il y a aussi le renforcement des effectifs du Service militaire adapté qui vont doubler d'ici 2012, passant de 3 000 volontaires formés en 2009 à 6 000 en 2012. Le secrétariat d'Etat à l'outre-mer recrutera 300 cadres militaires supplémentaires, venant essentiellement de l'armée de terre. Nous savons tous que le SMA est une formidable machine à intégrer mais si seulement les militaires sont capables de réussir, il faut avoir le courage de le prendre en compte.

La confusion ne pourra que s’accentuer avec ce mythe du service civique, compris par beaucoup pour un retour au service national encadré par les militaires et évoqué dans la campagne présidentielle, qui est repris par Martin Hirsch ce 14 juillet en proposant de le lancer et de faire défiler ces « volontaires » … devant l’école polytechnique !

Une nouvelle réforme de l’organisation des armées

Comme les réformes ne s’arrêtent jamais, un nouveau décret réorganisant la gouvernance du ministère de la Défense place les chefs d'état-major de l'armée de terre, de la marine nationale et de l'armée de l'air, dans une position clairement subordonnée au chef d'état-major des armées. Concernant les "attributions" des trois CEM, ils "conseillent et assistent le chef d'état-major des armées au titre de l'expertise propre à leur armée. Sous l'autorité du Chef état-major des armées, ils assurent la préparation opérationnelle des forces placées sous leur propre autorité ; ils sont responsables, pour leur armée, du recrutement, de la formation initiale, de la discipline, du moral et de la condition des militaires. Ils peuvent se voir confier par décret des responsabilités particulières en matière de maîtrise des risques liées à l'activité spécifique de leur armée et en matière de sûreté nucléaire. Ils peuvent se voir confier par le Chef état-major des armées des responsabilités, notamment pour le maintien en condition opérationnelle des équipements".

Le chef état-major des armées a néanmoins réussi à préserver son autorité malgré la volonté du ministère de la défense de les lui limiter (et de surcroît, il devrait rester aux affaires !). Pour le fonctionnement normal du ministère de la défense, « Le Cema exprime un besoin. Le SGA détermine et met en œuvre la politique, tout cela sous l'autorité du ministre ». Pour les opérations, le président de la République est le chef des armées, commandant directement, via le Cema, sans passer par le ministre de la Défense. Le nouveau décret introduit toutefois une nouveauté. Il prévoit en effet que, hors dissuasion nucléaire, "le Cema assure le commandement des opérations militaires sous l'autorité du président de la République et du gouvernement" pour tenir compte de la réforme constitutionnelle de 2007 qui prévoit que le gouvernement doit venir s'expliquer sur les opérations devant le Parlement et qu'à ce titre, il est responsable devant lui. Cette nouvelle réforme, une de plus, remet partiellement en cause le décret de 2005 qui avait revu une première fois le rôle du chef état-major des armées.

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11 mai 2009

Identité nationale et 8 mai

Reconnaissons qu’avec ce 8 mai le président de la République a bien pris la dimension de chef des armées. Le très beau discours en ligne sur ce site souligne l’unité et la fierté de la France à se libérer elle-même. « Avec le premier soldat français qui met le pied sur le sol provençal, avec le premier char de Leclerc qui rentre dans Paris, avec le premier résistant qui vient se battre au grand jour au côté des Français libres, la France redevient la France ». 

Le lien avec l’identité nationale à laquelle les armées françaises ont largement contribué depuis des siècles comme l’écrivait le lieutenant-colonel de Gaulle dans « La France et son armée », est bien établi. Comme le dit le président, « Nous devons apprendre à nos enfants à ne pas être prisonniers du passé. Mais nous devons aussi apprendre à nos enfants à être fiers de leur pays, à être fiers de la France, de ce que les générations qui les ont précédés ont accompli de grand, ont accompli de noble, ont accompli de beau. Nous devons leur montrer l’exemple de ces jeunes français qui se sont sacrifiés à une cause qui leur semblait plus grande que leur propre vie. Et c’est grâce à tous ces martyrs qu’aujourd’hui nous sommes un peuple libre. Nous ne pouvons pas oublier ce sacrifice et ce que nous leur devons ». Cette volonté politique de magnifier l’engagement doit être appréciée à sa juste valeur. Le peuple de France dans sa diversité en a-t-il la même envie ? Je vous invite à regarder sur notre site cette présentation qui circule sur internet exprimant l’attachement du peuple canadien au retour des corps de ses soldats tués (118 à ce jour), méditons sur les valeurs et plus particulièrement sur le patriotisme.

Cependant, le problème est de savoir si les armées professionnelles, se réduisant comme une peau de chagrin, pourront encore avoir ce rôle dans la grandeur de la France. Le beau défilé naval ne peut escamoter que notre unique porte-avion est à quai, que des navires ne seront pas construits, que l’aviation ne disposera pas de l’avion gros porteur A400M avant bien des années, que les bases de défense coûteront plus chères que prévues à se demander si ceux qui ont proposé la RGPP pour les armées ont bien étudié leurs dossiers, que nos forces en Afghanistan restent aussi peu nombreuses malgré quelques succès contre un ennemi agressif. Enfin et ce n’est la moindre des choses, le report sans explication du projet de loi de programmation militaire pour la période 2009 – 2014

L’opposition l’a souligné lors des questions à l’assemblée nationale le 6 mai. La LPM n'a pas été votée par la représentation nationale et sa première annuité budgétaire est en cours d'exécution. Elle exprime le doute sur la sanctuarisation des crédits du ministère de la défense à un niveau élevé. « Les bases de défense coûtent deux à trois fois plus cher que prévu et la vente de fréquences et d'immobilier, censée conforter le budget de la défense dès 2009, s'avère plus que compromise, compte tenu de la conjoncture ». Elle dénonce aussi la restructuration de l'organisation du ministère, caractérisée par la suppression de 54 000 emplois, afin de dégager des marges budgétaires. « Ce serait le plus grand plan social que connaîtrait notre pays ». La réponse du secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants manque à cette occasion de profondeur affirmant que les crédits militaires affectés pour les trois années à venir n’auront aucun effet négatif sur le caractère opérationnel de nos armées. Il rappelle aussi que la loi de finances de 2009 prévoit un certain nombre de mesures d’accompagnement, y compris sur le plan social, qui permettent dès à présent le commencement de la mise en œuvre du nouveau format de nos armées. Il précise que les crédits d’équipement sont cette année pour la première fois en augmentation de 20 %. Enfin, il considère que cette loi de programmation militaire est une démarche ambitieuse que le gouvernement a les moyens d’assumer... A voir.

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14 juillet 2008

Le 14 juillet, les armées à l’honneur

Ce 14 juillet a été une magnifique journée qui a mis en parenthèses les préoccupations réelles des militaires et des villes de garnison avant l’annonce des restructurations vers le 24 juillet. La nation et les armées étaient au rendez-vous. Enfin presque toute la nation car hormis le maire de Paris, l’opposition était bien absente et cela est regrettable.

Le président était soucieux de l’image de chef des armées qu’il devait donner à ses nombreux invités européens et méditerranéens et c’était assez réussi pour ce second 14 juillet. Il a aussi exprimé à travers le traditionnel message aux armées le renouvellement de sa confiance aux armées. Le ministre de la défense a renforcé ce message à l’issue du magnifique défilé.

Les généraux avaient en revanche l’air plutôt tendu et finalement, à écouter le chef d'état-major des armées, l’obéissance était de rigueur pour la mise en oeuvre des réformes « nécessaires » selon le président de la République. La grogne des militaires largement médiatisée ne s’est pas exprimée et qui peut croire qu’une armée professionnelle puisse ne pas obéir ? Le président de la République a d’ailleurs exprimé son sentiment : « c’est de la mousse » lors de la garden party.

Quant à la présence du président Assad, il a fait le geste politique et honorable d’applaudir la promotion de l’EMIA de La Batie à son passage. Cependant Antoine Basbous dans le Monde du 12 juillet a rappelé le rôle des services secrets syriens dans les attentats antifrançais. « Passer l'éponge sans demander de rendre des comptes porte préjudice à l'image de la France dans la région. Une nation oublieuse du sacrifice de ses enfants, diplomates et soldats, risque d'accroître sa vulnérabilité à l'avenir. Les officiers qui défileront sur les Champs-Elysées, ce 14 juillet, devant le président syrien, pourront légitimement avoir un goût amer ». Ce soupçon n’a jamais été démenti depuis 25 ans sauf par la présidence française depuis 48 heures. Cependant, peut-on reprocher au président syrien les actes de son père ? Il n’y a qu’en France où l’on peut demander des actes de repentance pour des actes commis par nos prédécesseurs…

Sur le défilé lui-même, reconnaissons qu’il est devenu difficile de distinguer dans une partie des troupes celles qui étaient civiles, qui étaient militaires au point que les commentateurs se trompaient parfois. Les officiers et commissaires de police défilaient avec des sabres, certaines gardes au drapeau avaient des tenues très militarisées sans oublier les grades militaires attribués depuis plusieurs années. Il n’est pas certain que la confusion entre les forces de sécurité intérieures et les forces armées soit une bonne orientation. Enfin, c’est juste notre avis.

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13 juillet 2008

Un sondage intéressant pour la crise militaire

Le Journal du dimanche a publié ce jour un sondage (sur www.defense-et-republique.org) réalisé du 10 au 11 juillet sur un échantillon représentatif de la population. Le sujet en était la perception des forces de défense et de sécurité et les restructurations. Remarquons surtout que la catégorie « professions libérales cadres supérieurs » comme l’extrême gauche, sans doute pas pour les mêmes raisons, sont celles qui sont les plus défavorables aux armées.

Concernant les militaires, 88% des sondés ont une opinion plutôt bonne mais il faut noter que la note la plus basse est donnée par la catégorie « professions libérales cadres supérieurs », soit 75%, par l’extrême gauche et les verts 74% chacun. Sur les gendarmes, 88% des sondés ont aussi une opinion plutôt bonne mais il faut noter que la note la plus basse est aussi donnée par la catégorie « professions libérales cadres supérieurs » soit 74% et par l’extrême gauche 67%.

A la question « Douze ans après, regrettez-vous la suppression du service militaire obligatoire ? », 61% répondent « oui », soit une hausse de deux points depuis le sondage de 2006, mais une forte disparité est à souligner entre les plus de 35 ans sont 69% à répondre « oui » et les moins de 35 ans répondant non à 59%. A nouveau, les plus opposés sont les « professions libérales cadres supérieurs » avec 64%, l’extrême-gauche avec 53% et … les 18 – 24 ans à 72%.

Quant à la menace, elle est attribuée pour 66% au terrorisme international (mais P.C. 50% et extrême-gauche 53%), pour 45% à l’islamisme et pour 32% aux petits pays détenant l’arme nucléaire.

Concernant « l’organisation et la répartition des armées sur le territoire français, de laquelle des deux opinions suivantes vous sentez vous le plus proche ? »

- Il faut maintenir les unités militaires dans les communes car elles contribuent à la vie de ces territoires même si cela représente un coût de fonctionnement. 66% des sondés ;

- Il faut regrouper les unités militaires sur un nombre restreint de communes de façon à réduire le coût de fonctionnement des armées. 33% des sondés.

Remarquons à nouveau que la catégorie « professions libérales cadres supérieurs » est favorable à cette dernière solution, soit 54% des sondés et bien sûr l’UMP avec 51%.

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19 novembre 2007

La Marseillaise à nouveau sifflée

Une fois de plus, la Marseillaise, symbole de la France et hymne des Français, rappelons-nous le 11 novembre 1940, est sifflée abondamment le vendredi 16 novembre 2007 dans un stade français lors d’un match avec une équipe du Maghreb. Hier l’Algérie, vendredi le Maroc, cela va-t-il durer encore longtemps ? Or, quel « beau » silence politique et médiatique ! Le pouvoir politique fait profil bas. Finalement, le grand volontarisme préélectoral d’avant les élections présidentielles a fait long feu.

Il est vrai que la question reste posée. Que doit-on faire pour ne pas perdre la face hormis n’avoir pas entendu ? Que peut-on faire aussi devant ces provocations multiples qui ne seraient pas tolérées dans les pays d’origine des siffleurs ?

Deux réponses de fermeté qui certes ne résoudraient pas totalement la question mais qui exprimeraient avec fermeté la volonté de la France d’être respectée, peuvent être proposées :

  • Que le gouvernement français interdise pour une période donnée que ces équipes étrangères jouent en France. Un pays tiers pourra accueillir les matchs entre la France et ces pays.
  • S’il faut aller plus loin, doit-on toujours accepter que les joueurs des pays incriminés soient recrutés dans nos équipes de sport ?

Posté par DR2007 à 16:15 - Relations entre les armées et la nation - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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