La sanction annoncée par le ministre de la défense à l’encontre du général Desportes ne manque d’interpeler surtout si on lit l’article du Monde incriminé du 3 juillet 2010. Débattre de la stratégie militaire dans un conflit non déclaré serait interdit à ceux qui y réfléchissent ou ont à la mener. Le régime de la grande muette serait-elle revenue ? Inquiétant.

Sur le fond, quel est le problème ? Un général américain est rappelé et, bien que commandant en chef d’une coalition, est relevé sans que les Etats alliés ne soient apparemment consultés. Il s‘agit donc bien d’une guerre américaine que le général Desportes a exprimée comme telle et ce n’est pas choquant.

Le débat en revanche sur la contre-insurrection est plus complexe avec beaucoup de commentaires de personnes plus ou moins informées. Soyons clairs. Une guerre de contre-insurrection lutte contre une insurrection, donc contre une contestation par la violence d’un gouvernement en place. En Afghanistan, l’OTAN a choisi de soutenir le gouvernement en place. Cela veut bien dire que la réponse politique est de la responsabilité du gouvernement en place et que la réponse militaire, y compris de la coalition, n’a pas pour but de résoudre la crise mais de gagner le temps nécessaire pour que l’insurrection comprenne qu’elle doit négocier… à condition que les islamistes radicaux ne reviennent pas au pouvoir. L’intervention militaire est nécessaire et le prix du sang doit être accepté.

S’ajoute enfin que le temps consacré à la contre-insurrection ne correspond pas au temps politique de nos démocraties et de leurs différentes élections. Cela en fait un outil de pression dont les insurgés savent jouer pour que « l’arrière ne tienne pas ».

En cette veille du 14 juillet, écouter les généraux qui réfléchissent et permettre que le débat constructif ait lieu ne semblent pas une menace sur la démocratie et une entorse au devoir de réserve d’autant que l’on annonce discrètement dans le Monde du 6 juillet une augmentation des forces françaises en Afghanistan, soit 4000 soldats français malgré le refus il y a quelques mois de tout accroissement des effectifs. La politique donc !