Les médias continuent leur mise sous pression du gouvernement pour les deux journalistes en otage en Afghanistan. Le Monde a publié une tribune libre le 26 août de deux journalistes amis (Le Monde du 26 aout 2010, en pièce jointe). Le 22e festival international du photojournalisme, que nous avions déjà cité fait voter une pétition au nom du droit à l’information afin que ces journalistes soient libérés. L’organisateur du festival en revanche (Jean-François Leroy) se méprend sur le sens donné à son action, se qualifiant de Français et de citoyen du Monde. Un journaliste n’est pas un journaliste du monde mais un citoyen qui doit être responsable à la fois en fonction du pays dont il a la nationalité et des lois du pays où il travaille, surtout en temps de guerre.

Tous les soirs, le monde médiatique rappelle les jours de captivité des journalistes … mais ne cite pas l’officier de la DGSE pris en otage en Somalie depuis bien plus longtemps. Si on écoute les journalistes, « le droit à l’information » est alors identique après tout et la captivité de l’officier doit être rappelée.

Pour en revenir à l’article de ces journalistes Michel Anglade et Denis Saverot, il est inadmissible et montre bien la dérive du monde des journalistes, accusant le monde politique, n’acceptant pas qu’il avait été fortement déconseillé aux journalistes otages de ne pas se rendre dans la zone Talibane, refusant que les journalistes acceptent des règles du jeu dans une zone de conflit dès lors qu’elles travaillent au contact des forces armées françaises.

- Oui, les journalistes pris en otages sont responsables de leur situation.

- Oui, les journalistes n’ont pas un « droit » à l’information

- Oui, les journalistes ne doivent pas mettre en danger une opération militaire comme cela a été le cas avec ces journalistes, qui, en raison des recherches menées en Kapisa, ont eu pour conséquences une réaction négative des populations locales.

- Oui le journaliste n’est pas en-dehors des lois

- Non, nous ne sommes pas liés par leur irresponsabilité, même au nom de la liberté de la presse, tout aussi estimable qu’elle soit en démocratie.

- Oui, le président de la république refusant de céder au chantage des insurgés afghans et les critiques de l’ancien chef d'état-major des armées, le général d’armée Georgelin, sont justes devant une telle irresponsabilité.