Nos politiques ne changeront jamais. Ils en sont toujours à ignorer ce qui est visible pour tous. Ils découvrent aujourd'hui que la Russie pratiquant le rapport de forces l’applique, élargit ses frontières par des protectorats au mépris de tous les accords et du droit international. Par ailleurs, on s’offusque mais on ne voit pas beaucoup de manifestants. Cela n’était pas le cas pour la guerre en Irak menée par les Etats-Unis.

L’Union européenne est appelée à se réunir le 1er septembre à l’appel d’un président français affaibli après avoir crû à la parole russe. L’Allemagne a déclaré que la Georgie rejoindrait l’OTAN. Comme elle avait reconnu la Croatie en 1992 et provoqué finalement la guerre en ex-Yougoslavie. Que peut-on attendre de peuples plus préoccupés par leur confort, conduits par des politiques préférant le « dialogue » et finalement la sujétion aux nouveaux prédateurs. Nous l’avons vu avec la Chine, nous le voyons avec la Russie, … nous le verrons sans doute aussi avec l’Iran. L’esprit munichois est inhérent à nos démocraties (et cela mériterait sans aucun doute une thèse de doctorat sur ce thème). Il est vrai que nos moyens d’actions sont limités, surtout si l’on repousse en permanence l’expression de la puissance qui n’est pas seulement militaire sans l’exclure cependant (voir l’article traduit de l’allemand sur l’antimilitarisme en Allemagne dans le Monde du 27 août).

Dans cet état d’esprit, les paroles du ministre de la défense refusant de qualifier la situation en Afghanistan de guerre sont tout aussi graves. Bernard Kouchner avait osé employer le terme il y a quelques mois mais nous avions vu la bien-pensance française s’offusquer. Reconnaissons que la réforme constitutionnelle de juillet 2008 sur l’article 35 concernant la déclaration de guerre est un symbole du manque de vision sinon de courage de nos gouvernants. Il était temps de qualifier juridiquement les « actions » (selon le ministre) ou les opérations de guerre pour garantir la mise en œuvre des moyens nécessaires pour faire la guerre.

Il faut dire enfin que l’interdépendance économique recherchée par nos grands penseurs européens depuis Jean Monnet est désormais devenue une faiblesse de l’Occident exploitée par la Chine, la Russie et d’autres nations. L’Occident perd peu peu sa place dans le Monde et nos enfants feront sans aucun doute d’un ensemble géopolitique vassalisé au reste du Monde.