Comme nous l’avions relaté précédemment, un sondage CSA/LE PARISIEN/ AUJOURD’HUI EN FRANCE (en ligne sur www.defense-et-republique.org) a été réalisé par téléphone le 20 août 2008 au domicile des personnes interviewées. L’échantillon national représentatif de 1008 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération. Deux questions ont été posées :

« Vous savez que la France a envoyé, dans le cadre d'une opération de l'OTAN, des militaires en Afghanistan. De laquelle de ces deux solutions êtes-vous le plus proche ? »

« Sur ce dossier de l'Afghanistan, faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas confiance du tout au Président de la République Nicolas Sarkozy ? »

L’analyse a été faite sur le site de JD Merchet. (…) : « Parmi les plus hostiles à l'engagement afghan, on trouve les femmes (58%), les jeunes de moins de trente ans (64 %) ainsi que les ouvriers et employés (58%). L'opinion de gauche est hostile à 65% alors que l'opinion de droite y est elle favorable à 61% ». (..) Le sondage indique enfin que "sur le dossier de l'Afghanistan", l'opinion n'accorde sa confiance au chef de l'Etat que du bout des lèvres: 48% ont confiance, 46% n'ont pas confiance. »  

Fort de ces chiffres, cela donne 55% des Français pour le retrait des troupes et 36% pour leur maintien. Cependant JMD oublie de spécifier sur la seconde question que 80% de l’électorat de droite, donc la majorité électorale, a confiance dans la capacité de Nicolas Sarkozy à conduire cette politique. Cela peut modifier la perception de chacun sur le rôle du président de la République à conduire cette crise.

Or, JMD rappelle l’importance de la légitimité des opérations militaires comme « l'un des premiers devoirs de tout dirigeant politique ». Certes mais si 80% de son électorat soutient le gouvernement et 61% de son électorat l’engagement des troupes, n’est-ce pas une preuve de la légitimité de l’action ?

En outre, un sondage dans l’émotion est-il bien crédible ? En revanche, maintenir une soutien majoritaire à ces opérations militaires paraît un objectif cohérent et permanent. En démocratie, il y aura toujours une minorité agissante pour refuser le recours à la force même lorsqu’elle est légitime.

Sur cette question de la légitimité (voir aussi en ligne sur www.defense-et-republique.org, dossier sur la légitimité des opérations militaires (2008) par le centre de recherche et d’études militaires), le Livre Blanc exprime d’ailleurs la problématique actuelle :

(…) P74

– la légitimité d’une intervention militaire ne se limite pas à sa légalité au regard du droit international. Tout aussi importante est sa légitimité démocratique. Elle sera d’autant plus forte que, pour chaque engagement, les objectifs poursuivis seront transparents et que le soutien de la collectivité nationale sera exprimé, notamment par ses représentants au Parlement ;

 toute décision d’engagement militaire doit reposer sur une capacité d’engagement d’un niveau suffisant, sur la maîtrise nationale de l’emploi de nos forces et sur une stratégie politique qui vise le règlement durable de la crise et pas seulement la définition des conditions permettant le désengagement de nos forces ; (…).

 

Le vote de l’Assemblée nationale du 22 septembre, même fait après l’engagement militaire ancien de la France et  malgré quelques oppositions de droite, devrait conforter le gouvernement et Nicolas Sarkozy dans son action.

A condition que les troupes soient en mesure de remplir leurs missions et que de nouvelles pertes importantes ne viennent pas susciter des réactions d’opposition à cette longue guerre.