Défense et République

Débats sur la défense nationale et la sécurité intérieure

27 octobre 2009

Afghanistan : ces immigrants économiques, des déserteurs ?

Le débat sur ces Afghans, expulsés le 21 octobre en tant réfugiés économiques et non politiques, est à l’image de ces ambigüités qui agitent les élites françaises. Comment peut-on accepter que des Afghans recherchent le bien-être économique loin de leur pays alors nos soldats se battent pour qu’ils puissent vivre dans ce pays ? Comment nos « élites » françaises peuvent accepter ce discours d’accueil alors que nos soldats se battent pour ces mêmes hommes ? Et quand on voit France 2 ce lundi 26 septembre nous présenter avec complaisance ces expulsés larmoyants qui nous reprochent de ne pas appliquer notre devise « liberté, égalité, fraternité » en oubliant simplement que ces mots ont été acquis par le versement du sang de nos anciens qui se sont battus pour ces mots, ce qui n’est pas le cas de ces réfugiés afghans, on ne peut qu'être révulsé.

Comment peut-on parler aussi d’identité nationale, c’est-à-dire être de la capacité à défendre son pays au nom de valeurs communes partagées alors que quelques éléments de notre pays acceptent que ces Afghans refusent le combat ? Ce sont finalement les mêmes qui refusent la notion d’identité nationale et qui acceptent l’immigration non choisie comme on a pu le constater dans le débat de ce lundi soir entre Eric Besson et Pierre Moscovici du PS. Est-ce pour autant qu’on peut être considéré « marqué à droite » comme l’évoque JD Merchet sur son blog ? Cette position primaire marque bien ce clivage du passé qui pollue le débat hexagonal.

Reprenons simplement les propos du général (2S) Claude Le Borgne au nom l'association de soutien à l'armée française (ASAF), en les soutenant, qui parle de "scandale" pour reprendre JD Merchet : "Alors que nos soldats risquent leur peau en Afghanistan, non pas, comme on le répète bêtement, pour notre propre défense, mais pour aider les Afghans à mettre leurs trublions à la raison et à construire un État qui se tienne, nous devrions ouvrir nos portes à ceux d’entre eux qui refusent les risques d’une guerre autochtone. Nous voici complices de leur désertion. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : ceux qui se réfugient chez nous désertent le combat qu’il leur faudrait mener."

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23 août 2009

C’est la rentrée : le début du ramadan

Le débat sur le prosélytisme politique de l’islam radical, et pas uniquement celui-ci, n’est pas terminé. En effet, l’islam dans sa dimension aujourd'hui extrême, mais quid de demain, remet en cause les lois des Etats démocratiques en vue d’instaurer ses propres règles au détriment des libertés acquises par nos peuples.

Nous sommes en guerre en Afghanistan contre un obscurantisme religieux qui s’exporte hors des frontières aidé par les libertés que nous avons l’habitude d’accorder. Nous ne sommes pas en guerre contre des simples insurgés se battant pour une cause politique mais pour une cause à la fois politique et religieuse avec une volonté de l’exporter. Il faut rappeler qu’hormis la Turquie, les Etats musulmans ont dans leur constitution la référence à la religion musulmane comme religion d’Etat.

En revanche, la liberté religieuse de nos sociétés s’appuie sur la laïcité mais celle-ci ne peut que se battre difficilement contre un prosélytisme musulman qui a le temps pour lui. Tout bataille gagnée au sein de notre société l’affaiblit et affaiblit l’engagement de nos soldats.

La place de la burqa dans la société en est un exemple. Moins de 1000 femmes portant la burqa existeraient en France dont beaucoup de convertis. Allez par exemple dans un centre commercial à Evry un samedi et vous comprendrez. En outre, le voile islamique est tout aussi symbole de prosélytisme dans sa recherche de la banalisation des signes extérieurs d’appartenance. Cette situation unilatérale est une défaite pour notre société surtout lorsque nous voyons nos journalistes de de France 2 portant le voile dans un pays musulman pour nous parler.

Cette situation est accentuée par le malaise de notre société devant l’attitude à tenir devant les musulmans. Prenons la position de nos médias devant le ramadan (le jeûne chrétien est-il annoncé dans les pays musulmans ?) qui reprennent l’antienne de « L’islam, 2e religion de France » en oubliant de préciser que sur cette minorité évaluée certes à 5 millions (mais les statistiques sont toujours interdites), seulement 50% seraient français[1] soit entre 3 et 4% de la population française. Ce malaise est perceptible aussi dans un article du Monde du 16 août sur les catholiques en France. On parle des 64% des catholiques[2], des 5% « d’autres » comprenant donc juifs et musulmans, des 3% de protestants et des 28% se déclarant sans religion. Curieusement l’islam est inexistant d’une manière chiffrée claire.

Pourtant, la question n’est pas celle de l’Islam, qui a le devoir de s’intégrer en France dans le cadre laïque de la République et sous la forme d’un islam français, mais celle de certaines de ses composantes qui s’opposent à la civilisation occidentale, certes identifiable à la religion chrétienne. Ce n’est cependant pas celle-ci qui est fauteuse de troubles et qui pratique un prosélytisme armé sinon agressif.

C’est bien là le problème. Pour ménager une minorité agressive lançant des campagnes d'opinion pour obliger les grandes marques à certifier que leurs produits sont compatibles avec l'islam (exemple de Coca Cola, Le Monde du 20 août), ou d’actes provocateurs comme la le port du « burqakini » pour se baigner à la piscine, notre culture et notre société sont menacées peu à peu en raison des nombreux renoncements de cette dernière exprimée d’ailleurs le plus souvent par le niveau politique « croyant bien faire ». Comment s’étonner du fait de ces soldats français musulmans, certes peu nombreux; mais refusant l’an dernier de servir en Afghanistan ?



[1] Le Monde du 5 octobre 200, sondage certes ancien donné à titre indicatif

[2] Les données présentées proviennent d'enquêtes historiques de l'IFOP et d'un cumul réalisé à partir d'enquêtes sur la période 2005-2009. 135 enquêtes ont été effectuées auprès d'échantillons nationaux représentatifs de 960 personnes, selon la méthode des quotas

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22 février 2009

Limogeage chauprade (suite)

Le Canard enchaîné et Aymeric Chauprade en rajoutent. L’un fait le point des enseignants qui seraient au collège interarmées de défense qualifiés au moins à droite, oubliant que des intervenants dits de gauche interviennent aussi même si le Canard regrette que Pascal Boniface n’y soit pas, l’autre porte plainte contre le ministre de la défense, fustige et menace "J'ai désormais les mains libres pour m'exprimer. Le petit clan qui, au coeur de la Défense défend des intérêts étrangers, essentiellement américains, va devoir s'inquiéter ». 

Qui est ce petit clan ? Et pour qui se prend M. Chauprade pour affirmer cela ? A partir de quelles informations ? N’y-a-t-il pas une certaine paranoïa et une obsession de la théorie du complot dont on peut se demander comment peut-elle s’installer dans la tête d’un homme jusqu’à présent considéré comme sensé ? jusqu’à où d’ailleurs cette théorie du complot peut-elle s’étendre ?

Il est vrai que la mise à la porte d’Aymeric Chauprade peut paraître brutale mais ne faut-il pas des enseignants plus réservés dans leurs propos ? Nos officiers doivent avoir une vision équilibrée des relations internationales, ce qui ne veut certes pas dire naïve mais certainement pas influencée, sinon confortée parfois dans des visions extrémistes. En cela, Jean Guisnel a bien fait d’évoquer dans le Point le cas de M. Chauprade régulièrement invité par Radio Courtoisie.

Sur la dimension du retentissement de l’affaire, il est intéressant de constater que le site web d’Aymeric Chauprade revendique de nombreux mails de soutiens mais que peu sont publiés. Bien sûr l’article du journal d’extrême droite Minute en sa faveur est mis en ligne. On ne peut cependant que s’étonner qu’un mail de soutien en sa faveur soit immédiatement suivi d’un article du Monde de Louis Gautier, spécialiste de défense au sein du PS soit mis en ligne immédiatement derrière ce soutien laissant implicitement supposer un soutien bien peu crédible pourtant.

Enfin, l’affaire Chauprade est-elle un cas isolé ou est-elle le premier signe d’un rééquilibrage des influences au sein de l’enseignement militaire supérieur ? L’extrémisme qu’il soit de droite, de gauche, catholique, juif ou islamiste se ressemble. Sans faire preuve d’un ostracisme systématique, dès lors qu’il y a une action d’enseignement, l’équilibre et l’honnêteté de l’enseignement, surtout dans un milieu militaire, en outre dans le cadre de la République française, doivent être des règles intangibles. En cela, cela ne remet pas en cause la liberté d’opinion. En revanche, l’institution militaire au service de la République ne peut tolérer l’expression de thèses extrémistes ou de propos ambivalents de la part d’enseignants rétribués par l’Etat.

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08 février 2009

Un limogeage justifié du professeur de géopolitique Aymeric Chauprade

Suite à un article en ligne de Jean Guisnel (www.lepoint.fr) attirant l’attention sur le dernier ouvrage « Chronique du choc des civilisations » d’Aymeric Chauprade, le ministre de la défense donnait l’ordre le 4 février au général de division Desportes, directeur du collège interarmées de défense (ancienne école de guerre), de congédier ce professeur de géopolitique employé depuis 1999 au CID.

Les sites de JD Merchet et de Jean Guisnel ont précisé qu’Aymeric Chauprade donnait avec complaisance une grande place à la « version complotiste du 11 septembre ». Pour lui, les théories contestant la « version officielle » et soupçonnant les Américains d'être les instigateurs des attentats de 2001 seraient « une hypothèse qui ne manque pas d'arguments, à défaut de forcément convaincre ». Dans ce livre, Chauprade défend aussi la théorie du choc des civilisations, au travers notamment d'une opposition entre l'Europe (incluant la Russie) et l'Islam.

Pour commenter, on ne peut cependant contester objectivement cette approche sauf dans le souci du « politiquement correct ». Le terme de « Choc des civilisations » régulièrement évoqué par la classe politique notamment exprime cette possibilité justement pour l’éviter.

Ce qui n’est pas acceptable, c’est l’adhésion d’un enseignant de haut niveau au sein de l’enseignement militaire supérieur, à la thèse complotiste du 11 septembre qui désigne les Américains et les Israéliens comme les instigateurs sinon les acteurs des attentats. Cette thèse a été développée par Thierry Meyssan dans un ouvrage vendu quand même à plus de 120 000 exemplaires en France ! Sur la question de l’implication des Etats-Unis, il suffit cependant de se rendre sur le site du Congrès américain afin de consulter son calendrier. Toutes les fêtes juives (y compris en tant que journées fériées du Congrès) et chrétiennes, et seulement elles, sont recensées pour la programmation des travaux du Congrès. Cette ambigüité des relations entre Israël et les Etats-Unis peut alimenter sans difficulté les sceptiques de la thèse officielle.

Cependant, cela ne justifie pas les thèses de ces négationnistes. En effet, nous pourrions rattacher la thèse de Chauprade à celle du protocole de Sion dont beaucoup d’antisémites ne contestent pas

la véracité. C

’est aussi, et d’actualité malheureusement, un évêque rejetant l’existence des chambres à gaz ! Notre époque de doutes conduit à un négationnisme systématique soutenue par des personnes pourtant intelligentes, cultivées et ce malgré les preuves.

Ce qui est plus grave est que le site de JD Merchet rapporte aussi les réactions de soutien d’officiers stagiaires du CID au professeur Chauprade. Ne nous voilons pas la face, une minorité d’officiers français, mais bien présente, sont dans la mouvance idéologique de ce professeur. Si l’on prend ses propos auprès de JD Merchet, cela serait plus grave encore : « Le petit clan qui, au cœur de la Défense défend des intérêts étrangers, essentiellement américains, va devoir s'inquiéter ». On peut s’étonner de ce discours qui, par déduction, laisse supposer qu’il aurait une majorité d’officiers français antiaméricains et qui soutiendraient la position finalement anti-américaine d’Aymeric Chauprade. Il est vrai que l’antiaméricanisme existe parmi les officiers français mais sans doute pas plus que dans le reste de la population française.

La question derrière toutes ces affaires en réalité est malheureusement une situation internationale au Proche-Orient qui focalise les haines et les frustrations. L’affrontement entre Israël et monde arabe et persan, entre juifs et musulmans, où chacun joue sa partition par des actions de propagande par le relais des différentes diasporas, conduit à la menace d’une guerre où le monde occidental, chrétien mais fortement laïcisé, spectateur timide et sur la défensive aujourd'hui mais contraint à agir demain devant les dérives prévisibles d’Etats nucléaires comme l’Iran et Israël d’une part, les pressions internes d’autre part.

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14 janvier 2009

Identité nationale et conflit au Moyen-Orient

Le conflit entre Israel et le hamas suscite à nouveau des débordements sur le territoire national. Les politiques et les divers commentateurs reconnaissent officiellement que les deux principales communautés en France sont juive et musulmane.

Une première question est de savoir en fonction de quels critères peut-on estimer ces communautés, quelles en sont les sources ?  La loi interdit les recensements sur des critères ethniques ou religieux. Comment peut-on affirmer que ce sont les deux premières communautés ? Ensuite par rapport à quoi ?

Une seconde question pourrait porter sur la dénomination du conflit au Moyen-Orient. Est-il religieux, étatique, ethnique ? Ne s’agit-il pas d’un conflit entre l’Etat d’Israël et les Palestiniens même représentés par le Hamas ? Peu à peu nos commentateurs ne nous pousseraient-ils pas vers la perception d‘un conflit religieux alimenté par les attentats contre les lieux de culte…dont les plus nombreux à subir des agressions en général sont … catholiques et dont on ne dit mot ? Ce qui est curieux, c’est que ce sont les leaders religieux juifs et musulmans qui appellent au calme laissant quand même poindre cette vision d’un conflit religieux, et non politique, dont nous connaissons toutes les passions extrémistes.

La question se pose en France désormais. Comment accepter que des personnes vivant en France, puissent défiler contre une guerre extérieure en prenant partie pour l’un ou l’autre des belligérants ? Comment d’ailleurs accepter que des Français aient une double nationalité les autorisant à bénéficier des avantages de la France et de choisir le combat qui leur convient ? Comment accepter que nous assurions la défense d’un soldat franco-israélien prisonnier du Hamas ? Il est vrai que, plusieurs années de suite, était organisé un gala de soutien à l’armée d’Israël par la communauté juive à Paris ! N’est-il pas temps d’interdire la double nationalité et la perte de la nationalité française dès lors que l’on ait servi dans une armée étrangère. Ce n’est pas valable que pour Israël mais aussi par exemple pour les franco-algériens mais pas uniquement.

Sur la question des franco-musulmans, terme utilisé faute de mieux, constatons que l’identité musulmane traverse les frontières, n’est pas une nationalité (sauf en Bosnie), mais s’affiche comme une identité politico-religieuse. La laïcité française doit donc extrêmement vigilante sur cette confusion qui conduit à l’instabilité politique en France. On est français et on peut ensuite être adepte d’une religion.

L’identité française ne se partage pas. Choisir deux nationalités permet à l’individu de choisir son combat sans tenir compte de la communauté dans laquelle il vit. Vivre en France impose un choix qui est celui d’être français ou de ne pas l’être. Certainement pas de bénéficier des deux statuts et de faire son choix en fonction des opportunités.

Vivre en république signifie aussi que celle-ci doit imposer sa vision de la communauté nationale qui permet un engagement en commun et le « vivre ensemble ».

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25 août 2008

Les jeux olympiques de Pékin et la défense

Dans cette période difficile pour les militaires en opérations et en « base arrière », cela fait toujours plaisir de voir les militaires et les civils de la défense servir avec honneur et panache les couleurs de la France.

Dernier et heureux pied de nez à une Chine qui a agi avec arrogance envers la France, la dernière épreuve des Jeux a été gagnée par cette magnifique équipe de handball. Son esprit de vainqueur, de fraternité et de dépassement collectif, a été exemplaire et la Marseillaise de cette France qui gagne a fait chaud au cœur.

 

BILAN DES RESULTATS

des Sportifs de Haut Niveau de la Défense (source www.sport.defense.gouv.fr)

Les Jeux Olympiques en chiffres :

315 Athlètes dont 27 SHND soit 8,6 % de la délégation française

40 Médailles dont 12 pour les SHND soit 30 % - 2 OR - 3 ARGENT - 7 BRONZE

NOS MEDAILLES

► BOXE

64kg - 1ère classe Alexis VASTINE (T) - Médaille de BRONZE

► ESCRIME

Epée indiv - Agent sous contrat Fabrice JEANNET - Médaille d’ARGENT

Epée équipe Agent sous contrat Fabrice JEANNET - Médaille d’OR

► HALTEROPHILIE

-69kg - Soldat Vencelas DABAYA-TIENTCHEU - Médaille d’ARGENT

► JUDO

-78kg – GAV Stéphanie POSSAMAI - Médaille de BRONZE  

► NATATION

100m NL – GAV Alain BERNARD - Médaille d’ OR

Relais 4x100m NL - GAV Alain BERNARD - Médaille d’ARGENT

50m NL - GAV Alain BERNARD - Médaille de BRONZE

100m brasse – Aspirant (G) Hugues DUBOSCQ - Médaille de BRONZE

200m brasse – Aspirant (G) Hugues DUBOSCQ - Médaille de BRONZE

► TIR

Skeet - GAV Anthony TERRAS - Médaille de BRONZE

► TIR A L’ARC

Equipe – Sergent Virgine ARNOLD - Médaille de BRONZE

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12 juillet 2008

La chasse au Corsaire toucherait-elle à sa fin ?

Le 4 juillet, le général Georgelin, chef d'état-major des armées, déclarait dans une interview sur Europe 1 « Ce que je peux vous dire, c’est que je ne veux pas de chasse aux sorcières dans les armées et j’ai fait en sorte que ce type d’enquête cesse. Je ne veux pas de chasse aux sorcières dans les armées, je connais trop l’histoire de l’institution militaire pour savoir les dégâts qu’ont causés des actions similaires dans le passé » (www.defense-et-republique.org, Propos sur la défense n°11). La poursuite de chasse aux sorcières montrerait que la loyauté serait unilatérale et que le CEMA aurait été trompé dans ses attentes.

Vendredi 11 juillet matin, interrogé sur France info, Hervé Morin précisait : « Il y a un principe simple. Les militaires ont le droit d'expression depuis la dernière réforme. Mais il y a un cadre : l'obligation de loyauté et le droit de réserve. On verra les choses en fonction de ce cadre là.»

Faudra-t-il encore dire au ministre que la loyauté au régime en place n’est pas dans le statut des militaires. En revanche le loyalisme envers les institutions si ! Les armées ont le devoir de s’exprimer lorsqu’elles s’estiment que leur mission est compromise. Faut-il le faire anonymement ? Certainement, si l’on constate aujourd'hui comme au lendemain de la guerre d’Algérie (intéressant en ce cinquantième anniversaire de la Ve République), que le militaire pensant différemment (cela ne veut pas dire désobéir), celui qui écrit sous son nom est tout aussi tancé sinon pourchassé. Et sur le principe des libertés publiques, comment le chef de l’Etat, le ministre de la défense peuvent-ils justifier que, par exemple, n’importe quel sans-papier puisse s’exprimer en France et pas un militaire ?

Le devoir de réserve (et le non le droit de réserve) est bien sûr avancé. A défaut d’un organisme pour exprimer les craintes hors hiérarchie, rejeté à nouveau dans le Livre blanc, reste le courage individuel comme cela est de tradition dans les armées françaises, n’en déplaise à l’exécutif mais si cela peut paraître suicidaire en terme de carrière. Ce problème ne se retrouve pas seulement dans notre démocratie mais aussi aux Etats-Unis par exemple (voir www.defense-et-republique.org, Propos sur la défense n°12).

Cependant les relations avec le chef des armées n’ont pas l’air de s’arranger. Malgré les déclarations apaisantes, la chasse aux sorcières a bien eu lieu. Mais ce n’est pas la DPSD qui serait intervenue mais… la DST sous autorité du ministère de l’intérieur. Les membres de Surcouf seraient démasqués grâce au contre-espionnage français (NDLR A la date du 13 juillet reconnaissons que le doute plane toujours sur les enquêteurs, la DST démentant, le ministre de la défense rejettant avoir donné l'ordre mais la DPSD dépend directement de lui). En outre, selon le Point, le président de la République n’assistera pas à la garden-party organisée le 13 juillet au soir par le Ministère de la défense à l'hôtel de Brienne, en l'honneur des unités militaires qui défileront le lendemain. Tradition annuelle pourtant, il ne viendra pas. Le Point précise « Pas envie, ou pas le temps ? La version donnée par l'Élysée aux services de la défense invoque un problème d'emploi du temps. Trop occupé par le sommet de l'Union méditerranéenne et par ses multiples obligations, le Président "n'a pas pu trouver un quart d'heure pour faire un saut" à la réception, indique une source bien informée».

  • Est-il donc bien utile que les militaires ayant défilé se rendent à la Garden Party présidentielle ? iI est vrai que les scintillements des ores de la République attirent…
  • Sur ce défilé justement, est-ce bien raisonnable de faire défiler encore ces militaires à l’heure des économies ? Enfin, au moins ils défileront entre deux rangées de policiers qui devraient toujours regarder la foule. Peut-être que la défiance du régime envers les armées imposera que la surveillance policière s’exerce plutôt sur les troupes ? Ce n’est bien sûr qu’une plaisanterie…

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20 juin 2008

Quelle liberté d'expression pour les militaires au XXIe siècle?

Vive Surcouf !

Dans le Figaro du 18 juin 2008 (voir www.defense-et-republique.org, Propos sur la défense n°10), un groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées, terre, air, mer , tenu à l'anonymat, a commenté le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale présenté le 17 juin par le président de la République. Pour répondre aux remarques et critiques formulées, Hervé Morin, ministre de la défense était interviewé dans le Figaro du 19 juin et invité sur Radio-Classique le vendredi 20 juin matin. Il y annonçait que des enquêtes seraient diligentées comme cela a été fait il y a trois semaines contre un auteur de fuites afin d’en « piquer un » et « le renvoyer à la garnison ».

Félicitons donc ces officiers généraux et supérieurs du groupe Surcouf. A l’évidence, le faire d’une manière anonyme était une sage précaution. Cependant la réaction ministérielle est grave.

Se référer au devoir de réserve comme l’a fait le ministre de la défense montre une certaine méconnaissance du nouveau statut des militaires. Depuis le 23 mars 2005, c’en est fini de la République d’antan sur la limitation du droit d’expression. Le ministre, surtout parce qu’il a fait partie de la commission de la défense nationale, doit aussi assumer la rupture jusqu’au bout. L’exercice des droits civils et politiques du statut général des militaires est précisé dans son article 4 « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. (…) Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. (…). Les militaires en activité qui se sont exprimés n’ont nullement violé le secret de la défense nationale ou fait preuve d’indiscrétion. Ils ont simplement fait connaître leur opinion en tant que citoyens et militaires. Les lois de la République s’appliquent à tous … y compris dans le respect de leurs droits. Que le ministre les ayant peut-être identifiés veuille les sanctionner, certes, mais il n’est pas douteux qu’un recours soit déposé et gagné. En revanche, nul doute que le jeu de l’avancement et des mutations sera autant de moyens détournés pour sanctionner ces officiers courageux d’une manière indirecte « pour le bien du service ». Espérons que la hiérarchie militaire et les parlementaires sauront contrer ces atteintes détournées à la liberté de s’exprimer.

Enfin se référer au manque de loyauté de ces officiers et d’un manque au devoir de réserve comme l’a fait le ministre de la défense est l’affirmation d’un grave mépris des droits et devoirs des militaires. Il déclare : « Chacun doit avoir la loyauté de mettre en œuvre les décisions prises par le pouvoir élu par le peuple, car nous sommes en République ». Or, le statut précise que « L’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité ». Le devoir de réserve s’exprime donc en fonction de ces critères et le cas présent semble bien y correspondre. Les propos sont neutres politiquement. Surtout, les militaires se sont engagés à servir avec « loyalisme » les institutions et non avec loyauté. Servir avec loyauté un gouvernement signifierait un attachement partisan alors que les militaires servent l’intérêt général et à ce titre Ils ont certainement quelque opinion à exprimer lorsque l’intérêt général paraît menacé dans le domaine de la sécurité. Ce n’est pas une situation nouvelle dans l’histoire de France. Le devoir de réserve est laissé à l’appréciation de chacun et est donc subjectif en l’état. Devant une juridiction civile, cela sera sans aucun doute pris en compte.  Enfin soulignons que le terme "loyauté" n'est pas utilisé dans le statut général des militaires. seul le terme "loyalisme" l'est. Cela a sans doute une signification.

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15 mars 2008

Décès de Lazare Ponticelli

Le dernier ancien combattant français de 14-18, l’ultime rescapé parmi les 8,5 millions d'hommes mobilisés en bleu horizon, est décédé le 12 mars à l'âge de 110 ans. Né en 1897, il rejoint la Légion étrangère en 1914, puis l’armée italienne en 1915 de force entre deux gendarmes français. il obtient la nationalité française en … 1939.

A juste titre, des obsèques nationales sont donc organisées le lundi 17 mars en respectant sa dernière volonté : « obsèques nationales, sans tapage important ni grand défilé, au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes » (AFP).

Sans revenir sur la vie de cet homme largement décrit dans les médias, citons cet acte de courage et d’assimilation de cet Italien s’engageant dès la déclaration de guerre au 1er premier régiment de marche de la Légion étrangère de Sidi Bel Abbes. Il y retrouve son frère Céleste. "J'ai voulu défendre la France parce qu'elle m'avait donné à manger", expliquait Lazare. Ce n’est pas la première fois que des étrangers accueillis par la France se battent par reconnaissance pour elle. En 1940 les républicains espagnols réfugiés en France, les étrangers de confession israélite comme le joaillier Fred, ont rejoint à leur tour les régiments de marche de la Légion étrangère (Un officier de Légion à l’épreuve des conflits par Jean Jaunâtre, (www.espritdulivre-editions.com). Aujourd'hui, beaucoup d’étrangers servent la France au sein de la Légion étrangère … que la gauche voulait dissoudre en 1981. Une anecdote est intéressante à se rappeler sur ce point. Dans les années 80, des légionnaires ont été blessés au service de la France. Le gouvernement en place a refusé, malgré les demandes, de les naturaliser. Pourtant à une époque où l’on parle d’intégration, le sang versé pour la France par un étranger ne lui donne-t-il pas le droit justement d’être français sans discussion?

A été publié récemment « Hommage à Lazare Ponticelli » par Raymond Muelle à Esprit du Livre Editions (www.espritdulivre-editions.com)

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19 février 2008

Une intervention musclée en banlieue

Une opération presque militaire dans une banlieue contrôlée par quelques dizaines de voyous et dont un certain nombre sont impliqués dans les attaques contre les forces de l’ordre en novembre 2007!

75 policiers avaient été blessés à cette époque par armes à feu (fusils de chasse, pistolets à grenaille) sur les 131 blessés. Seule la diffusion sur Internet par les policiers eux-mêmes avait d’ailleurs permis d’attirer l’attention sur l’important nombre de blessés par armes à feu.

Or, les forces de police ont été largement consommées dans cette opération planifiée de Villiers-le-Bel. Pour arrêter une trentaine de délinquants, il a fallu déployer plus de 1000 hommes soit l’équivalent d’un gros régiment d’infanterie.

On comprend mieux les difficultés des forces de l’ordre en novembre 2005 engagées 24 heures /24 dans des opérations de longue durée et l’appel de certains syndicalistes pour faire intervenir l’armée, en l’occurrence l’armée de terre. Leurs craintes finalement se sont vérifié en novembre 2007 avec cette systématisation de l’emploi des armes par les délinquants.

Bien que forces de troisième catégorie, il n’est pas certain que les armées auraient pu répondre à une réquisition éventuelle par le gouvernement. Pour contrôler quelques quartiers, il faut l’équivalent d’un régiment mécanisé (1100 hommes) qui, en outre, doit être entraîné à ce type d’action. L’infanterie française est composée de 36 régiments dont seulement 23 en métropole et dont un certain nombre de compagnies sont en opérations. La capacité avec les armées de répondre à des émeutes éparpillées et simultanées sur le territoire national, ce qui n’est pas à exclure un jour, sera de plus en plus compromise avec les chiffres importants de déflation des effectifs des armées circulant depuis quinze jours.

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