Vingt ans presque jour pour jour après la première guerre du Golfe, la Libye nous rappelle que la guerre reste un moyen pour défendre sinon imposer nos valeurs. La rapidité de nos dirigeants cette fois à obtenir un semblant de cohésion internationale est à souligner. Un mandat de l’ONU, condition du recours à la force pour avoir une légitimité à intervenir, a été obtenu malgré les réticences de la Chine, de la Russie et surtout de l’Allemagne ce que l’on peut déplorer. La Ligue arabe virevolte.

Constatons cependant que la simple domination aérienne en vue d’empêcher l’appui aérien aux forces de Kadhafi s‘est d’ores et déjà transformée en attrition de ses forces terrestres. Cela conduit néanmoins à se poser la question de l’engagement terrestre de la communauté internationale qui n’est pas dans le mandat voté par le Conseil de sécurité. Peut-on croire en effet qu’une insurrection sans armée, ni formation ni équipement, concernant aujourd'hui à une zone géographique et ethnique pourra reprendre le pouvoir sur l’ensemble du pays ? Or, il est douteux aujourd'hui que Kadhafi quitte le pouvoir aujourd'hui sans opération terrestre. S’il quittait le pouvoir ainsi que ses proches, les uns et les autres seraient poursuivis pénalement et simplement cela peut le renforcer dans sa détermination à résister,

A moins que Kadhafi ne soit renversé par ses proches, tant que ses forces (et il n’y a pas que des mercenaires) le soutiennent, le but militaire de cet engagement aérien occidental est vraisemblablement le gain de temps et l’action dans la durée pour permettre la constitution de forces armées locales crédibles. Dans cette optique, comment assurer la formation de cette nouvelle armée libyenne anti-kadhafiste, sinon son équipement qui, en toute logique est concerné par l’embargo sur les armes ? Faudra-t-il envoyer des conseillers comme c’est le cas en Afghanistan ? Faudra-t-il former des unités comme l’Union européenne le fait pour les bataillons somaliens à Djibouti ? Quels sont les pays qui voudront assumer cette mission que ce soit d’une manière discrète ou publique ?

Malgré l’imprévisibilité de la fin de ce conflit, aujourd'hui, il paraît peu crédible de voir Kadhafi quitter le pouvoir de lui-même. La durée du conflit et son coût paraissent une réalité.