Les troupes de Kadhafi regagnent peu à peu le terrain sur l’insurrection des anti-kadhafistes.

L’armée libyenne malgré les articles des médias occidentaux ne s’est pas effondrée et malgré leur  mise en avant des « capacités » des insurgés. Elle est manifestement commandée, entraînée et organisée. Son armement, paraît-il désuet, est efficace face à une opposition de bric et de broc.  

Notre président a-t-il mal joué en reconnaissant et faisant reconnaître par l’Europe si rapidement un gouvernement d’insurgés ?

Pas vraiment.

Face aux critiques opportunistes à la fois des bien-pensants et de l’opposition socialiste, suite aux manques de réaction « immédiates » sur les questions tunisiennes et égyptiennes, Nicolas Sarkozy a osé demander des frappes aériennes sur la Libye, recevoir des opposants libyens de fraîche date, présenter la France comme une puissance susceptible d’aider à renverser un tyran mais avec l’aval de l’ONU et dans le cadre d’une action collective. Echec d'de ces Européens toujours prêts à s’émouvoir mais sans réellement agir mais pas échec pour la France.

Le président de la République a-t-il donc bien joué ? Oui et le silence sur son action est éloquent. Nous avions notamment entendu un ancien premier ministre vanter les brigades internationales de 1936. Des philosophes se sont mis en avant pour la défense des libertés… comme d’habitude. A la lumière des événements du Moyen-Orient, d’autres personnes ont magnifié la révolte et même la désobéissance des forces armées si la cause était juste. Mais où sont ces socialistes et autres bien-pensants prêts à se battre, physiquement, avec une arme, et non pas avec des simples mots à partir de leurs circonscriptions électorales ?

Le président a bien joué car il connaît le manque d’appétit des Etats européens pour le recours à la force, surtout avec des forces armées en si grande restructuration qu’elles ne sont plus capables d’intervenir significativement dans des délais aussi courts. Le problème est que désormais les troubles sont à moins de deux heures d’avion de nos frontières !

Il connaît le même manque d’appétit de notre classe politique pour l’engagement militaire. L’opposition ne peut plus rien dire. Même si les insurgés ne sont pas crédibles et pourraient fortement être défaits dans les jours qui viennent à moins qu’une intervention occidentale n’ait lieu, le président a montré qu’il s’engageait sachant que rien n’était possible sauf peut-être avec un effondrement de l’armée libyenne qui n’a pas eu lieu. D’ailleurs quelles sont les forces françaises en alerte alors que la côte sud de la France est aussi à portée des avions de Kadhafi ? A voir en cas de colère de Kadhafi s’il réprime totalement l’insurrection.

Et la suite ?

Les quelques exemples préalables sur les migrations suite à la crise tunisienne et à l’incapacité légale et physique de les arrêter doit nous préparer à une autre crise pour laquelle nos bien-pensants auront sans doute des solutions pour l’accueil car Kadhafi ne se gênera pas pour laisser passer les candidats à l’émigration illégale en Europe.

D’autant que les contrôles notamment en France, une fois les clandestins ayant dépassé la zone frontière,  seront plus difficiles si l’on suit la dernière décision de la cour de cassation. Dans son arrêt, celle-ci considère que les contrôles d'identité qui se font « indépendamment du comportement de la personne « dans une bande de 20 kilomètres à partir de la frontière terrestre ne sont pas conformes au droit européen ». En dehors de cette bande, et partout ailleurs sur le territoire, les forces de police ne peuvent en effet pas contrôler l'identité des personnes que s'il y a un soupçon « d'atteinte à l'ordre public ».

Bienvenue en France et bon courage à tous.