La France est de nouveau agressée par le terrorisme islamiste. AlQaida enlève plusieurs de ses ressortissants au Niger. Hormis cette nouvelle agression, au demeurant entrée dans la norme d’aujourd'hui, plusieurs points sont à souligner.

Il apparaît que la sécurité était « assurée » par des hommes non armés dans une zone potentiellement ciblée. L’entreprise Areva qui le reconnaît a donc fait une erreur grave d’appréciation (elle se croyait peut-être au pays des «bisounours »). Cette erreur ne peut être décorrélée des coûts d’une réelle sécurité qu’elle n’a pas assurée. Le résultat est le déploiement des forces armées françaises, expression du pouvoir régalien de l’Etat, à un coût certain en raison de négligences d’une grande société nationale.

Le débat en France en parallèle sur la menace terroriste annoncée depuis plusieurs semaines et sur une large communication du gouvernement sur la question paraît bien surréaliste. Oui, il y a des menaces qui ne se concrétisent pas et il est toujours facile dans ce cas que ce type de communication développe la peur… surtout à la veille d’une grande grève. Que diraient néanmoins ces débatteurs si une seule menace se réalisait et que l’alerte n’ait pas été donnée ? « Le gouvernement ne fait rien ». Par ailleurs allons-nous voir sur nos chaines publiques la photo de nos nouveaux otages ainsi que le rappel de la détention de l’officier de la DGSE détenu en Somalie depuis plus d’un an.

Cela nous conduit aux derniers sondages de la German Marshall Fund (Sondage complet sur www.defense-et-republique.org) dans onze pays européens, en Turquie et Etats-Unis. L’incompréhension croissante des sondés est inquiétante sur l’engagement en Afghanistan justement contre AlQaida et ses affiliés talibans. 18% des Français ne voient pas une issue favorable au conflit afghan… contre 51% aux Etats-Unis. 64% des sondés demandent un retrait ou une diminution des contingents nationaux respectifs (57% en France, Allemagne 67%). Comment ne pas inciter les islamistes radicaux à faire pression sur nos opinions publiques et aux dirigeants devant une si faible motivation ?

Que peut-on conclure de ces quelques faits rapidement évoqués ?

·      Nos sociétés nationales dans une zone à risque doivent assurer une sécurité crédible et professionnelle. A ce titre, l’emploi de nos forces armées, après accord avec les Etats hôtes et une collaboration avec les forces armées locales, serait sans doute une meilleure garantie que ces mêmes forces armées locales, des sociétés de sécurité ou des organismes locaux, sinon même des sociétés privées occidentales particulièrement coûteuses même si la société « Epée » est présente sur place. L’Etat a la responsabilité de protéger ses citoyens d’autant qu’il met tout en œuvre pour les sauver une fois le drame survenu. (Voir les deux papiers de JD Merchet très explicites et inquiétants sur une certaine irresponsabilité en cours, http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense sur la base des Forces spéciales et la sécurité de mines du Niger) ;

·      Le terrorisme islamique doit être combattu et mis sous pression quel que soit sa localisation. Il est certain que l’Afghanistan ne doit pas redevenir une base d’entraînement des islamistes à vocation internationale. A ce titre, les Français doivent soutenir non seulement la politique menée du gouvernement en Afghanistan mais aussi leurs forces armées. Ce ne sont pas de simples opérations de police. Ces combattants sont des « politiques » non des « droits communs » malgré les méthodes employées.

·      Enfin, la grande mode des Forces spéciales (FS) et de leur emploi ne doit-elle pas se tarir ? Il est vrai qu’il est plus facile d’entraîner et de « super » équiper les quelque 2000 hommes des FS que les quelques 200 000 militaires des forces armées. Il ne faudrait cependant pas qu’il y ait trop de prises d’otages en même temps car, vu les moyens apparemment engagés, cela risque d’être difficile sans l’appui des autres armées, notamment de l’armée de terre.