Le parti socialiste a débattu des questions de défense lors de son université d’été. Le débat était animé par Clotilde Valter, secrétaire nationale du PS à la défense, énarque dont la carrière ne montre pas vraiment un lien avec la défense, mais un énarque est capable de parler de tout. Les conclusions laissent dubitatives pour deux heures de débats.

Plusieurs questions ont donc été évoquées :

- La question de la pertinence de la dissuasion nucléaire se pose dès lors que la confrontation des blocs a pris fin.

- Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN signifierait un alignement sur les Etats-Unis

- La loi de programmation militaire (2009-2014), qui se base sur les conclusions du Livre blanc ne serait absolument pas à la hauteur des enjeux.

- « L’idée d’intégrer dans les missions de la défense nationale la protection de la population vivant sur le territoire national en cas de trouble à l’ordre public a été jugée préoccupante par les intervenants. La politique de défense doit être strictement distinguée de la politique de sécurité intérieure et on ne peut pas accepter la confusion qu’entretient l’attribution aux armées de missions de sécurité sur le territoire national ». En gros, les armées dont une des missions reste traditionnellement la défense du territoire et celle des institutions se voient contester cette finalité.

- Le malaise des armées a été évoqué, la présence des troupes françaises en Afghanistan a fait l’objet de nombreux commentaires.

- Enfin, dans un contexte de crise budgétaire, comment le PS doit-il hiérarchiser ses priorités ?

Rien de bien neuf sur le débat sur la défense et les forces armées : pas d’idée révolutionnaire, pas de solution, pas de réponses, des réflexions remontant à 1981 sur l’emploi des forces armées, une méfiance entretenue et ancienne sur les forces armées. Le PS a donc du travail pour sortir un programme crédible concernant les forces armées en 2012. Les expériences passées n’ayant pas été très positives, la communauté de défense n’a sans doute pas grand chose à attendre… comme d’habitude.

La seule idée reste cet encadrement des jeunes difficiles par les forces armées une nouvelle fois proposée par Ségolène Royal par un courrier au ministre de la défense (voir http://secretdefense.blogs.liberation.fr/ où la demande a été mise en ligne). L’encadrement serait fourni par un régiment de la Rochelle prévu être dissout ! Nul ne doute que les armées soient en mesure de « récupérer » une partie de la jeunesse difficile. Elles ont toujours réalisé de tout temps cette mission. Le problème est qu’aujourd'hui les cadres n’existent plus en nombre suffisant. D’autre part, cette action sur le territoire national serait en contradiction avec les orientations du PS.

Finalement, les armées ayant de moins de moins de missions « légitimes », leur avenir paraît bien compromis.