Dans cette période de contestation des décisions gouvernementales sur l‘immigration illégale, il est bon sans doute de se rappeler que les armées contribuent, y réfléchissent et peuvent contribuer à sécuriser les frontières contre cette immigration le plus souvent économique et se faisant donc au détriment des « immigrants légaux ». Un point clé effectivement à souligner est le respect de la légalité et donc de l’application des lois de la République.

On peut difficilement comprendre le soutien apporté, y compris illégal par des associations ou des individus à l’immigration illégale au nom des droits de l’homme, sans aucun doute mal compris et dévoyés. En revanche, combattre les employeurs et les passeurs devient une obligation mais ce n’est pas le rôle des armées.

Sur la contribution des armées à la lutte contre « l’immigration irrégulière », terme retenu, la première contribution est sans aucun doute celle du renseignement. C’est aussi la surveillance des frontières. Il faut rappeler que la première mission d’une armée est de défendre les frontières et la nation avant d’agir en corps expéditionnaire. A ce titre, la contribution des armées est bien dans l’esprit de leur finalité. Sur l’engagement des différentes forces armées, il est vrai que l’armée de terre est peu concernée par cette contribution assurée par la gendarmerie et la police sur le territoire terrestre national sauf en Guyane et à Mayotte.

Ce n’est pas le cas pour la marine et l’armée de l’air. Ainsi, s’exerçant dans les approches maritimes de la métropole et des départements et collectivités d’outre-mer, ces actions s’inscrivent dans le cadre de la défense et de la sécurité générale du territoire national et plus particulièrement dans le cadre de l’exercice de la souveraineté et de la lutte contre les trafics illicites en mer. L’exemple de Frontex est ainsi une action majeure des marines européennes avec pour objectif de protéger les frontières extérieures de l’Union européenne de l’afflux d’étrangers en situation irrégulière (chacun a ses termes !).

Une autre action peut être conduite en opération en permettant un retour à la paix et en favorisant la reconstruction des pays ayant subi un conflit. A ce titre les actions en Afghanistan, notamment par les actions civilo-militaires (CIMIC) intègrent cette problématique à leur échelle. En principe, le redémarrage économique doit donner des emplois localement et contribuer à diminuer la tentation à l’émigration mais la présence d’immigrés irréguliers afghans montre que cela ne suffit pas. Le développement du concept de l’approche globale pour résoudre les crises trouve ici toute sa justification.