Le 2 juillet, a été officiellement annoncé, à l’Ecole militaire, la création du Commandement Interarmées de l’Espace (CIE) conformément aux objectifs fixés par le Livre Blanc de 2008. Relevant du chef d’état-major des armées, ce commandement se voit attribuer des missions à caractère transverse dans 4 grands domaines : Politique et coopération, Préparation de l’avenir, Emploi et coordination, Maîtrise de l’environnement spatial.

 

En accompagnement de cette création, un document conceptuel sur « L’utilisation de l’espace à des fins de défense et de sécurité » a été publié courant juillet. En effet, « La maîtrise de l’espace est donc une dimension incontournable de la capacité d’intervention et représente une des clés de la supériorité opérationnelle ».

 

Après une longue première partie consacrée au périmètre de la défense spatiale, ce document d’orientation précise les finalités de l’espace pour la défense et la sécurité nationale ainsi que les principes retenus et les aptitudes nécessaires. L’utilisation de l’espace à des fins de défense et de sécurité nationale « consiste à exploiter tout système spatial tant civil que militaire dépourvu de moyens d’agression, au profit direct de la défense des intérêts de la nation et du maintien de la stabilité internationale dans le continuum sécurité-défense ». Il est clairement établi que l’espace permet de multiplier l’efficacité de l’outil militaire et qu’il permet la mise en œuvre des cinq fonctions stratégiques retenues par le Livre blanc. Il est néanmoins souligné que la dépendance de l’espace pour l’emploi de nos forces armées doit être prise en compte.

 

La seule vocation défensive de la prise en compte de l’espace par la France est fortement rappelée. « Seule l’utilisation de satellites non agressifs (…) est prise en considération par la France ». Celle-ci n’entend pas de doter d’armes dans l’espace (Livre blanc). Cette position paraît cependant bien utopique sachant que les menaces sur nos systèmes spatiaux sont bien identifiées. Peut-on ignorer les exemples chinois de ces dernières années contre de satellites américains ? La protection de notre capacité spatiale s’obtiendrait par la seule diplomatie, l’espace ne devant pas devenir une zone opérationnelle et donc « s’arsenaliser ».

 

Outre le rappel des structures notamment avec le commandement interarmées de l’espace et la nécessité de disposer d’une capacité à lancer des satellites, en l’occurrence, de disposer de la base de Kourou, une politique de ressources humaines en spécialistes de l’espace est envisagée.