Après une longue période d’absence sur ce blog, il faut bien se rendre compte que les questions de défense dans toutes leurs diversités ne se sont pas estompées. Loin de là ! Certes, elles ne font pas la « une » et pourtant !

Nous pouvons malheureusement émettre de légitimes inquiétudes à la fois sur l’esprit de défense qui transparaît sinon disparaît aujourd'hui dans notre société déstabilisée et sur l’avenir des forces armées et leur efficacité. Les questions à évoquer sont diverses. Nous pourrons les aborder progressivement avant la trêve estivale.

Ayons avant tout une pensée pour le légionnaire tué en Afghanistan le 8 juin. Il faisait partie de l’unité de protection d’une équipe d’aide médicale aux populations.

Voilà contre qui nous nous battons. Des « gens » qui ne respectent aucun droit, notamment le droit humanitaire le plus élémentaire. Nous attendons les condamnations des bien-pensants. Pas de nouvelles ? Intéressant. Mieux vaut donc un Taliban ne respectant pas le droit humanitaire qu’un soldat occidental risquant ou laissant sa peau pour permettre de donner une aide médicale à la population afghane. Espérons aussi que nos dirigeants, au lieu de faire de simples condamnations verbales, n’oublieront pas cette guerre et nos soldats qui se battent (ce ne sont pas des « victimes » mais des combattants que l’on doit respecter sous ce terme) dans cette période d’austérité qui va encore s’exercer sur les forces armées.

En effet, cette période est aussi celle de la commémoration de la défaite de 1940, en grande partie due à des équipements insuffisants, conséquences de mauvais choix politiques, certes aussi à un commandement déficient, mais aussi un manque de volonté de se battre même si, sur le terrain, nous savons que le soldat s’est battu.

Surtout, cette période de commémoration, à la veille des 70 ans de l’appel du 18 juin, montre l’état de notre esprit de défense. Comment réagir lorsque l’on voit circuler une pétition de professeurs de français refusant que le volume 3 des mémoires de guerre du général De Gaulle soit mis au programme au bac littéraire (bulletin officiel du 14 janvier 2010). Sur le site internet « Les Lettres volées », ses initiateurs indiquent qu'elle a recueilli de mi-mars à mi-mai 1.500 signatures, certes peu significatives à l’échelle du ministère de l’éducation nationale, à l'adresse du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, et de l'inspection générale. Cependant le Figaro du 3 juin rappelle que, sur la valeur littéraire des Mémoires de guerre, personne n'en avait contesté l'entrée dans la très littéraire collection «La Pléiade» il y a dix ans. Ces professeurs ne seraient-ils pas les nouveaux censeurs de la bien-pensance ?

L’idéologie n’est pas morte et on peut se demander quel est l’intérêt de ce petit groupe (en fait il suffit de lire la pétition). Il faut se rappeler avant tout que le général De Gaulle, n’en déplaise à ces professeurs dont on peut encore se demander quelle est la légitimité, est ce militaire qui a su dire « non » à la défaite à la différence de beaucoup de Français soumis, « non » à la barbarie, « oui » à la grandeur de

la France. Je

ne suis pas certain que ces quelques professeurs (qui instruisent quand même nos enfants) en aient bien conscience.

Identifier ses idées à travers l’œuvre littéraire non contestée du général de Gaulle est sans aucun doute une nécessité aujourd'hui pour faire comprendre le sens de l’engagement au service de la nation (vous avez dit service ?) dans un français écrit comme on savait le faire hier et pas comme nous le lisons bien souvent aujourd'hui, cela étant en revanche bien de la responsabilité des professeurs de français. il y a effectivement des priorités.