Le conflit entre Israel et le hamas suscite à nouveau des débordements sur le territoire national. Les politiques et les divers commentateurs reconnaissent officiellement que les deux principales communautés en France sont juive et musulmane.

Une première question est de savoir en fonction de quels critères peut-on estimer ces communautés, quelles en sont les sources ?  La loi interdit les recensements sur des critères ethniques ou religieux. Comment peut-on affirmer que ce sont les deux premières communautés ? Ensuite par rapport à quoi ?

Une seconde question pourrait porter sur la dénomination du conflit au Moyen-Orient. Est-il religieux, étatique, ethnique ? Ne s’agit-il pas d’un conflit entre l’Etat d’Israël et les Palestiniens même représentés par le Hamas ? Peu à peu nos commentateurs ne nous pousseraient-ils pas vers la perception d‘un conflit religieux alimenté par les attentats contre les lieux de culte…dont les plus nombreux à subir des agressions en général sont … catholiques et dont on ne dit mot ? Ce qui est curieux, c’est que ce sont les leaders religieux juifs et musulmans qui appellent au calme laissant quand même poindre cette vision d’un conflit religieux, et non politique, dont nous connaissons toutes les passions extrémistes.

La question se pose en France désormais. Comment accepter que des personnes vivant en France, puissent défiler contre une guerre extérieure en prenant partie pour l’un ou l’autre des belligérants ? Comment d’ailleurs accepter que des Français aient une double nationalité les autorisant à bénéficier des avantages de la France et de choisir le combat qui leur convient ? Comment accepter que nous assurions la défense d’un soldat franco-israélien prisonnier du Hamas ? Il est vrai que, plusieurs années de suite, était organisé un gala de soutien à l’armée d’Israël par la communauté juive à Paris ! N’est-il pas temps d’interdire la double nationalité et la perte de la nationalité française dès lors que l’on ait servi dans une armée étrangère. Ce n’est pas valable que pour Israël mais aussi par exemple pour les franco-algériens mais pas uniquement.

Sur la question des franco-musulmans, terme utilisé faute de mieux, constatons que l’identité musulmane traverse les frontières, n’est pas une nationalité (sauf en Bosnie), mais s’affiche comme une identité politico-religieuse. La laïcité française doit donc extrêmement vigilante sur cette confusion qui conduit à l’instabilité politique en France. On est français et on peut ensuite être adepte d’une religion.

L’identité française ne se partage pas. Choisir deux nationalités permet à l’individu de choisir son combat sans tenir compte de la communauté dans laquelle il vit. Vivre en France impose un choix qui est celui d’être français ou de ne pas l’être. Certainement pas de bénéficier des deux statuts et de faire son choix en fonction des opportunités.

Vivre en république signifie aussi que celle-ci doit imposer sa vision de la communauté nationale qui permet un engagement en commun et le « vivre ensemble ».