Le président de la République s’est rendu à Kaboul et a assumé ses responsabilités. Il a réaffirmé le combat contre le terrorisme, oubliant sans doute que ce n’est qu’un mode d’action et qu’une de ses principales causes du terrorisme est idéologique, l’islamisme radical. Finalement la meilleure réponse aurait peut-être été d’envoyer un bataillon de plus (1000 hommes) mais l’armée de terre n’aurait sans doute plus les moyens de répondre à ce type de réaction

Remarquons un nouveau changement. Ses conseillers en communication ont manifestement repris l’image américaine des soldats massés derrière le chef des armées qui s’exprime, montrant l’unité du chef des soldats et du chef des armées. La volonté au moins visuelle de combler la faille existante est présente et si c’est sincère tant mieux, car au moins Nicolas Sarkozy gouverne. Demain, nos morts seront honorés aux Invalides mais si cela devient trop fréquent, faudra-t-il garder ce cérémonial pour les prochains morts au combat ?

Cependant, peu à peu, la polémique est lancée en France.

  • Des soldats certes ayant vécu l’embuscade critiquent les erreurs supposées du commandement.

v C’est nouveau et le malaise des chefs militaires a été perceptible aujourd'hui que cela soit du colonel représentant les armées durant l’émission très instructive « C dans l’air » sur la Cinq, sinon des autres participants de l'émisison comme JD Merchet qui n’était pas dupe des réponses éludantes données. Certainement peiné des pertes subies du régiment qu’il a commandé, le chef d'état-major de l'armée de terre, Elrik Irastorza, intervenant sur France 2 était tout aussi mal à l’aise. quant au capitaine en retraite Bavoil, président de l’adrefdromil, il remontait au créneau comme "défenseur" des militaires.

v En effet, comment comprendre qu’une compagnie puisse progresser en zone hostile et peu patrouillée jusqu’à présent sans appui d’artillerie comme des mortiers, sans éclairage aérien. Une unité progressant sans appui « feu » est forcément vulnérable. Quant à la polémique sur l’appui aérien, venu trop tard ou mal adapté, encore une question à élucider. Cependant, sur les tirs fratricides éventuels qui auraient blessé des soldats français, sans que cela soit démontré, cela arrive lorsqu’on est au contact. En fait, c’est la guerre et personne ne l’avait dit.

  • Les réactions des familles éplorées ou des citoyens interrogés depuis deux jours interpellent. La fragilité des populations est une réalité. Accepter les opérations de guerre surtout lointaines devient insupportable pour les conjoints ou les parents, oubliant les choix volontaires à servir des soldats, hommes et femmes. Les absences en opérations de soutien de la paix sont « tolérées » : peu de risques, certes des absences fréquentes de plusieurs mois, et surtout des compensations financières, mais justifiées, qui ont fait accepter l’absence mais pas les risques du combat pour des familles de plus en plus fragiles. La communauté militaire est une illusion aujourd'hui car l’adhésion n’existe pas ou peu en raison de l’individualisme. Il est sans aucun doute temps de faire quelque chose pour réarmer moralement au moins la communauté militaire et pas uniquement avec des cellules de soutien psychologique.

Dans tous les cas, il est fondamental que les armées, les populations mais aussi les dirigeants prennent conscience que nous sommes en guerre pour longtemps. Cela signifie la construction d’un rapport de force moral et militaire favorable au service d’une envie commune de gagner.