Un petit entrefilet dans le Monde annonce discrètement que la France a proposé une résolution à l’ONU pour que les forces françaises avec celles de l’ONU restent jusqu’en janvier 2009 en R.C.I. Gbabo lui-même a exprimé son souhait que les forces Licorne restent jusqu’aux élections sans préciser s’il s’agissait aussi des élections législatives et municipales à venir. Le Conseil de sécurité proroge mardi 29 juillet de six mois, jusqu'au 31 janvier 2009, le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et des forces françaises qui la soutiennent, dans la perspective de l';élection présidentielle prévue à la fin 2008.

Or, les rumeurs deviennent insistantes sur le report des élections présidentielles du 30 novembre 2008 vers le début de l’année 2009. Lors d’une interview à RFI, B. Kouchner en déplacement officiel à Abidjan le 15 juin pour la première fois depuis novembre 2004, répondait à un report éventuel des élections : « Et bien s’il y a un nouveau retard, qu’il est expliqué aux Ivoiriens et que les Ivoiriens comprennent ce retard, nous ne ferons que le déplorer  (…) ».

Cependant, l’opposition ivoirienne s’inquiète de l’évolution du processus électoral et du réarmement par milices interposées de certains clans alors qu’un vote ethnique est de plus en plus probable. En effet, l’ethnie Bete du président Gbabo ne représente qu’environ 10% de la population. Elle a cependant noyauté l’administration de l’Ouest du pays pour le contrôler. Une partie seulement de l’Est de la R.C.I., le pays Akan, par l’épouse de chef de l’Etat soutient le clan présidentiel. Le Nord échappe totalement au pouvoir alors que le pays Baoulé au centre se prépare à des violences éventuelles. Un bain de sang entre factions rivales au Nord et chefs de guerre a déjà été évité de justesse par les forces françaises. Qu’en sera-t-il si le président Gbabo n’est pas élu malgré sa mainmise sur les médias ? La violence paraît bien être au rendez-vous des prochaines élections et seules les forces impartiales, ONU et forces françaises, seront en mesure de garantir la paix.

Il serait donc pertinent que la réforme constitutionnelle votée par le congrès le 22 juillet soit appliquée pour préciser la politique française en R.C.I.. L’assemblée nationale devrait se prononcer sur la présence des 1800 Français et sans aucun doute créer une commission d’enquête pour comprendre aussi pourquoi ce conflit dure. Cela permettra sans doute aussi d’identifier les intérêts français réels dans ce pays. Le bas profil de la France peut susciter bien des interrogations par rapport à une politique étrangère plutôt provocatrice sur bien d’autres points. Peut-être que le libellé du texte constitutionnel à la date d’aujourd'hui permettra de ne pas l’appliquer puisqu’il est demandé un vote de l’assemblée nationale au bout de quatre mois et que cela fait six ans que nous sommes en R.C.I. ?

Sur le plan militaire, on ne peut pas non plus vouloir rationaliser les coûts et diminuer les effectifs, les emprises permanentes en Afrique aussi, et maintenir 1800 hommes qui font défaut ailleurs.