Continuons de nous étonner de la position du président de la République. La manipulation de l’affaire de la flamme olympique à Paris, suivie de l’envoi d’émissaires français venant s’excuser dans un pays où il ne faut pas perdre la face, a conduit la France à se mettre à genoux comme n’importe quel vassal de l’Empire du Milieu.

Pour empêcher la France de mener sa propre diplomatie en recevant le dalaï-lama entre le 12 et le 22 août, elle a aussi été insultée par l’ambassadeur de Chine à Paris. Les entreprises françaises sont mises en quarantaine. Malgré les excuses diverses, le boycott bien médiatisé se maintient. En effet, les Echos relayés par le Monde, certes au conditionnel, écrivent : « D'après nos informations, la Ville de Pékin aurait décidé de geler pour quelques mois toute implantation d'entreprise française sur son territoire ». 

Et que faisons-nous ? Rien, l’exécutif laisse courir, maintient sa présence à l’ouverture des Jeux Olympiques, et l’on entend dire que nous serions bientôt la 5e puissance mondiale, remontant d’un niveau. Se faire traiter comme cela sans réagir est-ce bien digne de la France et de son soi-disant rang de grande puissance ? Peut-être que le citoyen français n’a pas tout compris ?

Il est vrai que la situation n’est pas uniquement de la faute de la France. C’est bien le CIO qui a accepté la Chine comme pays d’accueil dans l’idée utopique que cela la ferait changer. Le CIO est grandement responsable, sinon coupable. Nous saurons peut-être un jour comment cette décision a-t-elle pu réellement être prise face à cette dictature qui vient d’interdire la seule télévision privée indépendante chinoise. Ses représentants campent d’ailleurs devant l’Assemblée nationale. Sans beaucoup de résultats. C’est aussi la restriction à l’accès à Internet par les journalistes en poste à Beijing pendant les jeux. Mais est-ce surprenant lorsque l’on sait que les mails personnels adressés en Chine peuvent l’objet d’un renvoi avec avertissement à leur expéditeur s’il n’est pas conforme ? et ce avec la bienveillance des fournisseurs d’accès, comme MISSION de Microsoft par exemple.

 

Avons-nous donc peur de la Chine ? Sans doute et cela ne va pas s’améliorer. Observons l’évolution de sa stratégie.

  1. Pour Taiwan, elle utilise l’arme économique et obtient des résultats y compris des Américains. Ceux-ci ont décidé de ne plus lui vendre de l’armement de haute technologie depuis le 16 juillet dernier ayant rejoint la France, Israël pour ne pas s’aliéner les faveurs de la Chine. Cependant, les Etats-Unis ont rappelé qu’ils restaient liés par des accords de défense pour protéger Taiwan. Un des raisons principales serait la crainte de la fuite de ces technologies vers la Chine continentale. Pourtant, durant les deux dernières années, la Chine a menacé les Etats-Unis de représailles en n’achetant plus des longs courriers Boeing et des hélicoptères civils Bell et Sikorski si des armes de haute technologie étaient vendues à Taiwan. Donc les Etats-Unis ont déjà reculé.
  2. Ensuite, conformément à son livre blanc de 2006, elle se prépare à une potentielle invasion de l’ile tout en étant en mesure d’empêcher les Etats-Unis d’intervenir. L’objectif certes non immédiat est de gagner une guerre dans un contexte numérisé et informationnel. Elle renforce sa capacité aérienne notamment par la possibilité désormais acquise de recompléter en vol ses avions, qu’elle vient de dévoiler ce mois-ci.

Cependant le bilan n’est pas très positif. Devant cette attitude méprisante de la Chine, il resterait donc une possibilité outre celle de ne pas se rendre à Beijing, celle de relancer les exportations d’armement vers Taiwan. Au point où en est la France, les relations franco-chinoises ne pourront pas être pires et au moins la France retrouverait sa dignité. Après tout, la relance des exportations d’armement de la France a été fixée comme objectif par le ministre de la défense. Il faut assumer ses engagements mais ce n’est cependant pas acquis, surtout dans un pays comme la France où l’on aime bien préserver la chèvre et le chou.

Enfin, l’exemple de ces jours-ci sur les négociations de l’OMC marque peut-être un coup d’arrêt à l’arrogance chinoise. La Chine (et l’Inde) ont essayé de tout obtenir sans rien donner en échange. Heureusement elles ont été un échec car elles étaient à notre détriment, Finalement, le président de la République, par sa position claire de refus, a pu exprimer une réaction opportune d’avertissement aux exigences de la Chine