Ce 14 juillet a été une magnifique journée qui a mis en parenthèses les préoccupations réelles des militaires et des villes de garnison avant l’annonce des restructurations vers le 24 juillet. La nation et les armées étaient au rendez-vous. Enfin presque toute la nation car hormis le maire de Paris, l’opposition était bien absente et cela est regrettable.

Le président était soucieux de l’image de chef des armées qu’il devait donner à ses nombreux invités européens et méditerranéens et c’était assez réussi pour ce second 14 juillet. Il a aussi exprimé à travers le traditionnel message aux armées le renouvellement de sa confiance aux armées. Le ministre de la défense a renforcé ce message à l’issue du magnifique défilé.

Les généraux avaient en revanche l’air plutôt tendu et finalement, à écouter le chef d'état-major des armées, l’obéissance était de rigueur pour la mise en oeuvre des réformes « nécessaires » selon le président de la République. La grogne des militaires largement médiatisée ne s’est pas exprimée et qui peut croire qu’une armée professionnelle puisse ne pas obéir ? Le président de la République a d’ailleurs exprimé son sentiment : « c’est de la mousse » lors de la garden party.

Quant à la présence du président Assad, il a fait le geste politique et honorable d’applaudir la promotion de l’EMIA de La Batie à son passage. Cependant Antoine Basbous dans le Monde du 12 juillet a rappelé le rôle des services secrets syriens dans les attentats antifrançais. « Passer l'éponge sans demander de rendre des comptes porte préjudice à l'image de la France dans la région. Une nation oublieuse du sacrifice de ses enfants, diplomates et soldats, risque d'accroître sa vulnérabilité à l'avenir. Les officiers qui défileront sur les Champs-Elysées, ce 14 juillet, devant le président syrien, pourront légitimement avoir un goût amer ». Ce soupçon n’a jamais été démenti depuis 25 ans sauf par la présidence française depuis 48 heures. Cependant, peut-on reprocher au président syrien les actes de son père ? Il n’y a qu’en France où l’on peut demander des actes de repentance pour des actes commis par nos prédécesseurs…

Sur le défilé lui-même, reconnaissons qu’il est devenu difficile de distinguer dans une partie des troupes celles qui étaient civiles, qui étaient militaires au point que les commentateurs se trompaient parfois. Les officiers et commissaires de police défilaient avec des sabres, certaines gardes au drapeau avaient des tenues très militarisées sans oublier les grades militaires attribués depuis plusieurs années. Il n’est pas certain que la confusion entre les forces de sécurité intérieures et les forces armées soit une bonne orientation. Enfin, c’est juste notre avis.