Le 4 juillet, le général Georgelin, chef d'état-major des armées, déclarait dans une interview sur Europe 1 « Ce que je peux vous dire, c’est que je ne veux pas de chasse aux sorcières dans les armées et j’ai fait en sorte que ce type d’enquête cesse. Je ne veux pas de chasse aux sorcières dans les armées, je connais trop l’histoire de l’institution militaire pour savoir les dégâts qu’ont causés des actions similaires dans le passé » (www.defense-et-republique.org, Propos sur la défense n°11). La poursuite de chasse aux sorcières montrerait que la loyauté serait unilatérale et que le CEMA aurait été trompé dans ses attentes.

Vendredi 11 juillet matin, interrogé sur France info, Hervé Morin précisait : « Il y a un principe simple. Les militaires ont le droit d'expression depuis la dernière réforme. Mais il y a un cadre : l'obligation de loyauté et le droit de réserve. On verra les choses en fonction de ce cadre là.»

Faudra-t-il encore dire au ministre que la loyauté au régime en place n’est pas dans le statut des militaires. En revanche le loyalisme envers les institutions si ! Les armées ont le devoir de s’exprimer lorsqu’elles s’estiment que leur mission est compromise. Faut-il le faire anonymement ? Certainement, si l’on constate aujourd'hui comme au lendemain de la guerre d’Algérie (intéressant en ce cinquantième anniversaire de la Ve République), que le militaire pensant différemment (cela ne veut pas dire désobéir), celui qui écrit sous son nom est tout aussi tancé sinon pourchassé. Et sur le principe des libertés publiques, comment le chef de l’Etat, le ministre de la défense peuvent-ils justifier que, par exemple, n’importe quel sans-papier puisse s’exprimer en France et pas un militaire ?

Le devoir de réserve (et le non le droit de réserve) est bien sûr avancé. A défaut d’un organisme pour exprimer les craintes hors hiérarchie, rejeté à nouveau dans le Livre blanc, reste le courage individuel comme cela est de tradition dans les armées françaises, n’en déplaise à l’exécutif mais si cela peut paraître suicidaire en terme de carrière. Ce problème ne se retrouve pas seulement dans notre démocratie mais aussi aux Etats-Unis par exemple (voir www.defense-et-republique.org, Propos sur la défense n°12).

Cependant les relations avec le chef des armées n’ont pas l’air de s’arranger. Malgré les déclarations apaisantes, la chasse aux sorcières a bien eu lieu. Mais ce n’est pas la DPSD qui serait intervenue mais… la DST sous autorité du ministère de l’intérieur. Les membres de Surcouf seraient démasqués grâce au contre-espionnage français (NDLR A la date du 13 juillet reconnaissons que le doute plane toujours sur les enquêteurs, la DST démentant, le ministre de la défense rejettant avoir donné l'ordre mais la DPSD dépend directement de lui). En outre, selon le Point, le président de la République n’assistera pas à la garden-party organisée le 13 juillet au soir par le Ministère de la défense à l'hôtel de Brienne, en l'honneur des unités militaires qui défileront le lendemain. Tradition annuelle pourtant, il ne viendra pas. Le Point précise « Pas envie, ou pas le temps ? La version donnée par l'Élysée aux services de la défense invoque un problème d'emploi du temps. Trop occupé par le sommet de l'Union méditerranéenne et par ses multiples obligations, le Président "n'a pas pu trouver un quart d'heure pour faire un saut" à la réception, indique une source bien informée».

  • Est-il donc bien utile que les militaires ayant défilé se rendent à la Garden Party présidentielle ? iI est vrai que les scintillements des ores de la République attirent…
  • Sur ce défilé justement, est-ce bien raisonnable de faire défiler encore ces militaires à l’heure des économies ? Enfin, au moins ils défileront entre deux rangées de policiers qui devraient toujours regarder la foule. Peut-être que la défiance du régime envers les armées imposera que la surveillance policière s’exerce plutôt sur les troupes ? Ce n’est bien sûr qu’une plaisanterie…