Le grand projet de rassembler les Etats méditerranéens a conduit le président de la République à inviter le président syrien aux cérémonies du 14 juillet. Nul doute que sa présence ainsi que celle d’Ingrid Bétancourt représenteront un paradoxe saisissant d’autant que ce 14 juillet sera placé sous le signe du 60e anniversaire des Opérations de Maintien de la Paix. Il est vrai que les réformes en cours pourraient nous rendre juste capables de remplir les missions de ce type. La première partie du Livre blanc le laisse clairement transparaître avec des opérations de prévention, de maintien de la paix, d’aide humanitaire alors que l’engagement traditionnel des armées par les armes est fortement estompé et soumis à la seule appréciation ou presque de la communauté internationale

Sans juger du fond de la politique méditerranéenne du président de la République, le manque de respect envers nos soldats est grave, sans doute non voulu ce qui est encore plus grave dans ce monde de communication. Il y a 25 ans, au nom de la paix, nos soldats étaient déployés au Liban et subissaient un attentat attribué à la Syrie coûtant la vie à 58 d’entre eux du 1er régiment de chasseurs parachutistes dont le lieutenant de la Bâtie. Si de surcroît on remarque ce 14 juillet que la promotion de la Batie de l’école militaire interarmes défilera devant le président Assad, la provocation est à nouveau choquante et fait douter de la vision gouvernementale sans parler de son manque de considération à l’égard des armées servant la République.

 

C’est pourquoi la fédération nationale des anciens des missions extérieures (FNAME) et l'Association Internationale des Soldats de la Paix organisent « la participation à un dépôt de gerbe le 10 juillet à 18h30 sous l'Arc de Triomphe et une descente des Champs-Élysées symbolique jusqu'à la Place de la Concorde où elles présenteront les honneurs à un président absent ».

Ces associations demandent aussi à ceux qui participeront aux cérémonies du 14, civils et militaires (cela sera sans doute peu compatible avec le devoir de réserve), d'arborer un brassard noir en mémoire aux soldats morts pour la France en OPEX et de protestation.

Félicitons ces associations qui regroupent beaucoup de soldats ayant servi en opérations veulent marquer cet événement désastreux pour la crédibilité de l’exécutif.