Aujourd'hui, 2 % de la richesse nationale sont consacrés à la défense. Sans les pensions, cet effort s’établit à 1,6 % du PIB soit 30,2 milliards d’euros, ce qui est insuffisant. Hervé Morin avait reconnu d’ailleurs il y a quelques mois que 6 milliards par an seraient nécessaires sur les cinq annuités de la prochaine loi de programmation pour remplir les engagements en équipements du gouvernement précédent. Le Livre blanc et la réforme générale pour les politiques publiques annonceraient donc pour les armées des améliorations budgétaires. Le ministre est confiant : « J’ai la garantie du chef de l’État que 100 % de nos économies resteront à la Défense. »

 

Devant les chiffres annoncés, il est cependant possible en effet de s’interroger : l’exécutif s’engage pour 377 milliards d’euros consacré à la défense d’ici 2020 dont 200 pour les équipements par an soit 18,2 milliards au lieu d’environ 15 milliards sur 12 ans à partir de 2009. Le budget hors pensions devrait passer d’environ 30 milliards d’euros en 2008 à environ 33 milliards d’euros en 2020, soit +10% en 12 ans ( !) au profit des équipements. Les restructurations devraient permettre d’économiser 2 milliards d’euros à la fin de la réforme dans environ six ans pour un coût de « quelques centaines millions » ce qui reste à prouver.

 

En effet, les collectivités touchées par les restructurations seront aidées à concurrence de 300 à 350 millions d’euros après une première proposition à 250 millions d’euros le 19 juin. Le coût des déménagements des unités et la remise aux normes civiles par la défense sur son budget des espaces fermés ne sont cependant pas chiffrés. Peut-être sont-ils déjà financés par l’arrêt du recours aux réservistes à compter du 1er septembre ?

 

Les réservistes, forme moderne du CDD dans les armées, remplacent des postes non pourvus de cadres d’active. Cela signifie la mise en sommeil de postes et une influence certaine sur le fonctionnement de certains services, y compris en OPEX.

 

Le financement est sans doute aussi fourni par le report du second porte-avions estimé aujourd'hui à plus de 3,5 milliards d’euros soit plus d’un milliard en plus par rapport à l’an dernier ( !). N’y a-t-il pas eu un mensonge d’Etat justifiant une enquête parlementaire ? En effet, le porte-avions à propulsion nucléaire avait été repoussé en raison de son prix à 2,8 milliards d’euros et le prix du pétrole et du gaz en pleine hausse n’a rien changé à la donne. Surprenant. Nous ne respectons plus le contrat avec les Britanniques alors que leur lenteur à se décider était critiquée. Il y a eu aussi peu de réaction de la classe politique sur ce surcoût sans oublier les sommes déjà versées, donc en pure perte ? enfin n’oublions pas l’amélioration de la condition militaire prévue par Michèle Alliot-Marie pour 2008 et reportée en 2009 par le ministre de la défense.

Les annonces ne semblent pas vraiment crédibles surtout si la situation économique s’aggrave encore.