Pour arriver à disposer des équipements modernes entrant ensemble en phase de production seulement maintenant en raison des retards accumulés avant 2002 pour des raisons budgétaires, il faudrait augmenter le budget de 3 milliards d’euros dès l’an prochain, de 4 à 5 milliards à partir de 2011. Or le candidat Nicolas Sarkozy s’est engagé à maintenir l’effort de défense à 2% de la richesse nationale (sans les pensions, ce budget s’établit en réalité à 1,7% du PIB). Cela ne veut pas dire l’augmenter. Il faut donc obtenir la même efficacité avec « moins », discours habituel depuis des années (pas de rupture donc).

Globalement, il y aura une réduction de 15% du format général de la Défense avec 30 000 postes non renouvelés sur cinq ans au titre de la RGPP et une remise à plat de l’implantation territoriale, soit un total estimé à environ 54 000 postes. S’ajoutent les conséquences du Livre blanc. Les communes bénéficiant d’une présence militaire tomberont de 471 à 190.

o Le contrat opérationnel fixé à l'armée de terre serait de déployer 30 000 hommes à l'extérieur (aujourd'hui environ 11 000 hommes sont projetés pour quatre mois soit 33 000 par an), auquel s'ajoutera une capacité de 10 000 hommes ayant vocation à intervenir sur le territoire national, ainsi qu'une « réserve » de 5 000 soldats. L’armée de terre devrait perdre 23 000 hommes et quelque 3 000 civils alors qu’elle fournit 80% des effectifs en opérations (pour 15 % du budget des armées). Or, l'armée de terre doit maintenir ses capacités de déploiement prioritaires : capacité à entrer en premier en zone hostile dans un conflit de type « irakien", capacité à être « nation-cadre » (conduire les opérations militaires engagées par une coalition internationale), capacité à agir dans des opérations de soutien de la paix.

o L'armée de l'air devrait disposer d’une capacité de projection de 70 avions de combat (100 actuellement). La marine devra pouvoir aligner une vingtaine de frégates de premier rang (La Marine tablait sur 25), ainsi qu'un groupe aéronaval autour du porte-avions Charles-de-Gaulle.

o L’armée de l’air (65 000 personnels) aurait une réduction de 25 % de son format (250 appareils au lieu de 300) Il y aura moins de Rafale (heureusement les Emirats Arabes Unis en acheteraient), l’arrivée des Airbus A400M sera retardée au détriment des capacités de projection.

o La Délégation générale pour l’armement serait réduite de 30%.

o La gendarmerie devrait supprimer jusqu’à quatre écoles (sur une vingtaine) avec une déflation de 1 400 postes.