Sur la responsabilité des hommes politiques concernant la vie de nos soldats, un exemple récent au Royaume-Uni incite justement à la réflexion. Suite à deux enquêtes de la justice sur la mort au combat d’un capitaine britannique en Afghanistan (Defense News du 18 février 2008) et de deux soldats en Irak, les deux coroners concernés ont critiqué dans leurs conclusions le gouvernement britannique : « les soldats n’avaient pas été battus par les terroristes mais par l’absence des équipements de base ». En particulier le retard de livraison des équipements de combat ou de protection a été donc considéré comme la cause de leur mort. La section de 30 hommes du capitaine tué ne disposait ni de mitrailleuses, ni de lance-grenades, seulement 3 à 4 appareils de vision nocturne. Les soldats tués en Irak par IED ne disposaient pas des véhicules blindés demandés. Le ministère de l’économie des finances de l’époque, l’actuel premier ministre, était visé dans ces critiques.

Compte tenu des grandes « réflexions » du Livre blanc (dernier rapport intermédiaire présenté fin février, cette fois sans fuite, inquiétant ?), l’absence de moyens au moins dans le domaine de la protection des soldats en opérations conduira, en l’absence d’un réel cadre juridique des opérations extérieures (demandé par l’assemblée nationale du 3 décembre 2007 mais sans suite aujourd'hui), à la multiplication des actions devant la justice pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Il faut rappeler à ce sujet le précédent, oublié, de ces familles de pilotes français abattus au-dessus de la Bosnie, détenus et non prisonniers de guerre sinon otages ( !), qui ont porté plainte pour séquestration pour les faire libérer. Tout décès, blessure ou privation de liberté de nos soldats en OPEX peut être l’objet d’une plainte en justice, y compris à l’encontre de nos gouvernants, notamment si les moyens destinés aux missions militaires ne sont pas donnés et qu’il y a mort d’homme.