Les limites de la coopération européenne en matière de défense se posent si l’on se réfère à un article du Monde du 13 mars 2008. Nous apprenons en effet aujourd'hui qu’au début de la crise du Tchad, la chancelière allemande, Angela Merkel, faisait savoir « qu'il n'était pas acceptable que l'Eufor soit mêlée au conflit tchadien ». « Un seul coup de semonce des Mirage, résume un général, et la situation devenait très compliquée sur le plan politique ». La première question à se poser est comment une force non déployée au Tchad aurait pu être impliquée directement dans ces combats, ensuite pourquoi cela empêchait les Mirage d’intervenir.

Deux réflexions se dégagent. Si quelques nations européennes ont tant d’influence sur l’engagement de nos soldats dans des OPEX alors qu’elles-mêmes ne s’engagent pas ou peu, l’indépendance de la France est bien compromise et cela, du fait du président de la république qui a accepté cela. Ensuite, s’abriter aujourd'hui derrière la déclaration d’un autre Etat pour ne pas intervenir auprès d’un allié est un bon artifice pour justifier une non-intervention militaire dans une situation que l’on ne maîtrise pas.